La disposi­tion des
vers rapportés
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Boyssières : Au Ciel, en l’air, en l’eau…
 


Vers
rapportés :
157 poèmes
Salel
1540
~ [Les uns dres­saient…
Forcadel
1548
~ Feu, Femme, Mer…
Vincenzo Martelli
1549
~ Se Lisippo, et Apelle…
Du Bellay
1549
~ Ces Cheveux d’or sont les Liens…
~ Fasse le Ciel…
1558
~ Si fruits, raisins, et blés…
~ De fleurs, d’épis…
1569
~ De quel tor­rent…
~ Un Berger, un Che­vrier…
Tyard
1549
~ J’ai tant crié…
Des Autels
1550
~ L’on doit mar­quer…
1551
~ Mon cœur, ma voix…
1553
~ De Jupi­ter…
Ronsard
1552
~ Par un des­tin…
1563
~ Ton erreur, ta fu­reur…
Jodelle
1553
~ Phébus, Amour, Cy­pris…
1574
~ Des astres, des fo­rêts…
~ J’aime le vert lau­rier…
~ Que n’ai-je mes esprits…
~ Quel heur Anchise à toi…
~ Comme un qui s’est per­du…
~ Sapphon la docte Grecque…
~ Myrrhe brûlait ja­dis…
~ Le dol long­temps cou­vé…
~ Je ne crains pas que Dieu…
~ Ne les a-t-on pu donc…
~ De quatre dons Amour…
~ Qu’Hymen, Amour, le ciel…
~ Démophoon, Cé­phale…
1575
~ Ton Neptun mon Bi­net
1870
~ Oncques trait, flamme ou lacs…
Peletier Du Mans
1555
~ Fortune, Amour…
~ Plus m’est pro­mis…
~ Cette beau­té…
~ Ceux qui vou­dront…
Pas­quier
1555
~ Qui vou­dra faire…
Taille­mont
1556
~ D’une pro­por­tion…
~ La main (gage de foi)…
Bu­gnyon
1557
~ Ton chef, ton crin…
Babinot
1559
~ Comme une plaie…
Grévin
1560
~ L’Amour nous point, nous brûle…
Filleul
1560
~ Le jour, l’âge, la mort…
Buttet
1561
~ Trait, flamme, et lacs d’amour…
~ Pource qu’au mont…
1575
~ Le printemps ver­doyant…
Chan­dieu
1563
~ Ta Poésie, Ron­sard…
Belleau
1565
~ Amour étant las­sé…
~ Qu’Amour voulant forger…
La Ville
1569
~ Ni les écrits…
Tami­sier
1569
~ De Dieu, du Ciel, des mœurs…
1587
~ Tout cela que le Ciel…
La Bode­rie
1571
~ Phébus, Peithon…
Turrin
1572
~ Cet œil, cet or…
Baïf
1573
~ Trait, feu, piège d’Amour…
~ Jamais œil, bouche, poil…
Jean de La Taille
1573
~ Ô cœur ingrat…
Saint-Gelais
1574 [1873]
~ Du triste cœur…
Goulart
1574
~ Le ciel, nature, l’art…
~ Ô pas épars…
de Brach
1576
~ Je chante la cha­leur…
~ Vous vent, vous nau­to­nier…
~ Que l’homme est mal­heu­reux…
Le Loyer
1576
~ Ta beauté, ta vertu…
1579
~ Du lustre, des appâts…
Le Saulx
1577
~ La chair et le péché… (Th. 9)
Du Bartas
1578
~ [L’oiseleur, le pê­cheur…
~ [Le vent d’Austre qui rompt…
Boyssières
1578
~ Le vert, l’ardeur, le vent…
~ Amour, Mars, Apol­lon…
~ Le nerf, le corps, la chair…
1579
~ Apollon radieux…
~ L’Alle­mand, l’Espa­gnol…
~ Au Ciel, en l’air, en l’eau…
~ La Lionne, la Chienne…
La Jessée
1578
~ Grasinde, qui me fais…
1579
~ Adieu Paris Adieu…
1583
~ Qui comme une Ariane…
~ Au bon arbre, au Rosier…
~ Le Dieu Vul­cain…
~ Le tiède flair…
~ L’aveugle Archer…
~ Tu me sur­pris…
~ Vos beaux yeux ado­rés…
~ Le jeune Cerf na­vré…
~ Ce que l’orage fier…
~ Que n’ai-je les accords…
~ Par art, force, ire, soin…
~ D’où part ce vent ai­lé…
~ Pour te mon­trer aus­si…
~ Quand ce fâcheux Hé­ros…
~ [Je te son­dais ain­si…
Hesteau
1578
~ Ta vertu, ta bon­té…
~ Comme on voit en été…
~ D’une incroyable amour…
~ Comme on voit un che­vreuil…
~ Passants ne cher­chez plus…
~ La Nature a don­né…
Pontoux
1579
~ Ce gentil feu…
~ Bour­gogne, France…
1585
~ Tant puissante est l’ardeur…
Marie de Romieu
1581
~ Le luth, César, l’Amour…
Courtin de Cissé
1581
~ Le trésor crê­pe­lu…
~ Que me servent ces cris…
Du Monin
1582
~ Neptun, Pluton, Éole…
1585
~ De Jupin, Mars, Phé­bus…
~ Le ruisseau chamar­rant…
Catherine Des Roches
1583
~ La Beauté, la doc­trine…
~ Pithon, Diane, Mi­nerve…
~ Les Lettres, les Ver­tus…
~ Les Muses, la Pi­thon…
~ Ausonie, Calabre…
~ Ô belle Main qui l’arc…
Blanchon
1583
~ J’aime plus que mes yeux…
~ L’Amour, la Mort, le sort…
~ Si ma plume pou­vait…
Rous­peau
1584
~ De Samson, de Da­vid…
~ Le veuil, savoir, pou­voir…
~ De l’Hiver, du Prin­temps…
~ L’impu­dique Vé­nus…
Joseph Du Chesne
1584
~ [Ô Lèthe som­meil­leux…
Birague
1585
~ Toujours, toujours, hélas…
Le Gaygnard
1585
~ Ma Plume mainte fois…
~ Comme en un beau Parterre…
~ D’un destin ordon­né…
~ En toutes pié­té…
Fondi­mare
1586
~ Le Gras meurt, qui vivant…
Courant
1586
~ Partout, ici, là-haut…
Trellon
1587
~ De la bouche, des yeux…
Sponde
1588
~ [Je sais bien, mon Esprit…
~ Tout s’enfle contre moi…
Desaurs
1589
~ Le poil, l’œil, le devis…
Pontayme­ri
1594
~ [Qui a vu quelque­fois…
~ [Où sont vos yeux confus ?…
Louven­court
1595
~ Les traits, le feu, les nœuds…
~ L’air parfumé…
~ Depuis le temps qu’Amour…
~ Baisers doux, et mignards…
Lasphrise
1597
~ Ton poil, ton œil, ta main…
~ Mon La Fuie, à ce coup…
~ Heureux qui est muet…
~ Estrées ne requiert…
~ Phèbe, Cypris, Pi­thon…
~ Non sans cause, Beauvais
Alcanon
1598
~ Le torrent, le vent…
Sainte-Marthe
1600
~ De Nature, du Ciel…
Vermeil
1600
~ Belle, je sers vos yeux…
Vatel
1601
~ Si l’on voit chan­ce­ler…
Mage de Fief­me­lin
1601
~ La chair, le monde, Adam…
~ Comme l’Éclair du Nord…
Angot
1603
~ Qui pourrait voir au ciel…
Anne de Marquets
1605
~ Si on prise beau­coup…
d’Aubigné
1616
~ [La flûte qui joua…
[1874]
~ Piéça ton natu­rel…
~ Veillants, aigus, subtils…
~ Du plus subtil du feu…
Certon
1620
~ Satan, la mort, l’enfer…
Marbeuf
1628
~ [La propre­té…

~#~










[R]




« Autrefois j’ai fait ces suivants en faveur d’une de mes idoles parlantes :

Ta beauté, ta vertu, ton esprit, ton maintien
Éblouit, et défait, assoupit et renflamme
Par ses rais, par penser, par crainte, pour un rien
Mes deux yeux, mon amour, mes desseins, et mon âme. »

Étienne Tabourot,
Les Bigarrures du Seigneur des Accords,
Paris, Jean Richer, 1583,
chapitre XIII, « Des vers rapportés », f° 131v°
[Gallica, NUMM-70346, PDF_285].

C’est le travail de Jacques Roubaud et de ses amis Pierre Lusson et Pierre Getzler, princi­pa­le­ment publié dans les Cahiers de Poétique compa­rée[1], qu’il faut lire pour prendre la mesure de « cette spiri­tuelle façon d’écrire en vers rappor­tés, et même de notre temps […] si fréquente et commune », selon l’expres­sion de Tabourot des Accords en 1583.

« Une sorte de croise­ment symé­trique et gramma­tical », des « phrases de construc­tion gramma­ti­cale semblable désar­ti­cu­lées et recom­po­sées », une « inven­tion astu­cieuse » qui « remon­te­rait peut-être à la fin de l’Anti­qui­té grecque », un « procé­dé » qui « du Moyen Âge latin […] gagne les poésies française, espa­gnole, anglaise et alle­mande des XVIe et XVIIe siècles  », selon Ernst Robert Curtius dans La Litté­ra­ture euro­pé­enne et le Moyen Âge latin [2].

#

Notes

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[1]  Les Cahiers de Poétique compa­rée ont été publiés sous les auspices de l’Institut Natio­nal des Langues et Civi­li­sa­tions Orien­tales (l’INALCO, c’est-à-dire les Langues’O) de 1973 à 1993. Ils sont l’éma­na­tion, ainsi que la revue Mezura, du Centre de Poétique compa­rée (cercle Polivanov).

________
[2] Ernst Robert Curtius, La Litté­ra­ture euro­pé­enne et le Moyen Âge latin, traduit de l’alle­mand par Jean Bréjoux, Paris, Presses Uni­ver­si­taires de France, 1956 [Presses-Pocket, coll. « Agora », 1991].

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« Je dors comme un ange, comme une bûche, comme un bébé : je vire­volte, je flambe, je hurle. »,
Eric Chevillard, L’Autofictif, dimanche 30 décembre 2018.

« Le flocon, l’étincelle, ces pétales aussi annoncent leur fruit, l’ava­lanche, l’incen­die. »,
Eric Chevillard, L’Autofictif, vendredi 9 décembre 2022.

« La poule, c’est la calom­nier, ne passe pas tout son temps à pico­rer, elle coud, elle poin­çonne, elle tatoue, elle télé­gra­phie, un lin­ceul pour le grain, un aller sans retour pour le grain, un aigle sur le grain, la nou­velle de sa mort au grain. »,
Eric Chevillard, L’Autofictif, samedi 20 janvier 2024.

En ligne le 19/12/04.
Dernière révision le 24/02/24.