Jean Antoine de BAÏF (1532-1589)
Ô pas en vain perdus !…
Paris, André Wechel, 1555.
ouvrir sur Gallica : livre II, f° 44r°.

Ô pas en vain perdus ! ô espérances vaines !
Ô trop puissant désir ! ô par trop faible cœur !
Ô trop flatteuse amour ! ô trop âpre langueur !
Ô mes yeux, non plus yeux, mais de pleurs deux fontaines !

Ô soulas peu certains, tristesses trop certaines !
Ô pour si claire foi, trop aveugle rigueur !
Ô grâces, ô beautés, dont la belle vigueur
En vigueur entretient toujours fraîches mes peines !

Ô souhaits, ô soupirs, ô pensers, ô regrets !
Ô prés, campagnes, eaux, ô roches, ô forêts !
Ô déesses, ô dieux, de la terre et de l’onde.

Ô ciel, ô terre, ô mer ! ô dieu qui luis le jour,
Déesse qui la nuit, voyez-vous autre amour
Qui fasse qu’en Amant tant de tristesse abonde ?

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Ô pas en vain perdus ! ô espérances vaines !
Ô trop puissant désir ! ô par trop faible cœur !
Ô trop flatteuse amour ! ô trop âpre langueur !
Ô mes yeux, non plus yeux, mais de pleurs deux fontaines !

Ô soulas peu certains, tristesses trop certaines !
Ô pour si claire foi, trop aveugle rigueur !
Ô grâces, ô beautés, dont la belle vigueur
En vigueur entretient toujours fraîches mes peines !

Ô souhaits, ô soupirs, ô pensers, ô regrets !
Ô prés, campagnes, eaux, ô roches, ô forêts !
Ô déesses, ô dieux, de la terre et de l’onde.

Ô ciel, ô terre, ô mer ! ô dieu qui luis le jour,
Déesse qui la nuit, voyez-vous autre amour
Qui fasse qu’en Amant tant de tristesse abonde ?

 

En ligne le 19/03/16.
Dernière révision le 21/06/16.