Jean Antoine de BAÏF (1532-1589)
Ô beaux yeux azurins…
Paris, André Wechel, 1555.
ouvrir sur Gallica : livre II, f° 58v°.

Ô beaux yeux azurins, ô regards de douceur !
Ô cheveux, mes liens, dont l’étoffe j’ignore
Mais dont je sens l’étreinte ! Ô beau front que j’adore !
Ô teint qui éteindrait des roses la fraîcheur !

Ô ris doux et serein, qui me fondait le cœur,
Doux ris qui son beau teint modestement colore !
Ô chant, qui me ravit quand je le remémore,
Chant, qui du plus cruel pourrait être vainqueur !

Ô parler déceleur des grâces de son âme,
Qui trop court tant de fois m’a fait sembler le jour,
Ô bouche toute pleine et de sucre et de bame !

Ô baisers, qui m’ont fait porter bien peu d’envie,
À ce qui paît les dieux au céleste séjour !
Vous retiendrai-je point une fois en ma vie ?

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Ô beaux yeux azurins, ô regards de douceur !
Ô cheveux, mes liens, dont l’étoffe j’ignore
Mais dont je sens l’étreinte ! Ô beau front que j’adore !
Ô teint qui éteindrait des roses la fraîcheur !

Ô ris doux et serein, qui me fondait le cœur,
Doux ris qui son beau teint modestement colore !
Ô chant, qui me ravit quand je le remémore,
Chant, qui du plus cruel pourrait être vainqueur !

Ô parler déceleur des grâces de son âme,
Qui trop court tant de fois m’a fait sembler le jour,
Ô bouche toute pleine et de sucre et de bame !

Ô baisers, qui m’ont fait porter bien peu d’envie,
À ce qui paît les dieux au céleste séjour !
Vous retiendrai-je point une fois en ma vie ?

 

En ligne le 23/09/07.
Dernière révision le 19/03/16.