Jean Antoine de BAÏF (1532-1589)
Rien étreindre ne puis…
Paris, André Wechel, 1555.
ouvrir sur Gallica : livre II, f° 37r°.

Rien étreindre ne puis, toute chose j’embrasse :
J’aime bien d’être serf, et cherche liberté,
Je ne bouge de terre, outre le ciel je passe,
Je me promets douceur, où n’y a que fierté.

À tel me suis donné, qui pour sien ne m’avoue,
D’où vivre je m’attends, cela me fait mourir,
Je blâme le plus fort, ce que plus fort je loue,
Je demande remède, et je ne veux guérir.

Je me hais, j’aime autrui : je crains, et je m’assure :
Je suis feu, je suis glace : en fuyant, je poursuis.
Où je me fais vainqueur, là vaincu je demeure.

Ce m’est sucre le deuil : la joie ce m’est suie :
Je meurs si j’ai de l’aise, et je vis de l’ennui :
J’ai pris en même horreur et la mort et la vie.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Rien étreindre ne puis, toute chose j’embrasse :
J’aime bien d’être serf, et cherche liberté,
Je ne bouge de terre, outre le ciel je passe,
Je me promets douceur, où n’y a que fierté.

À tel me suis donné, qui pour sien ne m’avoue,
D’où vivre je m’attends, cela me fait mourir,
Je blâme le plus fort, ce que plus fort je loue,
Je demande remède, et je ne veux guérir.

Je me hais, j’aime autrui : je crains, et je m’assure :
Je suis feu, je suis glace : en fuyant, je poursuis.
Où je me fais vainqueur, là vaincu je demeure.

Ce m’est sucre le deuil : la joie ce m’est suie :
Je meurs si j’ai de l’aise, et je vis de l’ennui :
J’ai pris en même horreur et la mort et la vie.

 

En ligne le 09/12/04.
Dernière révision le 01/10/16.