Pierre de RONSARD (1524-1585)
Un grand rocher…
Paris, veuve Maurice de La Porte, 1552.

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textes de
Ronsard

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dispo­sition du
pré­ambule
(str. 12, vers 1-4)

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propos :
la constance dans l’amour

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[…] 

Un grand rocher qui a le dos,
Et les pieds toujours outragés,
Ore des Vents, ore des flots
En leurs tempêtes enragés,
N’est point si ferme que mon cœur
Contre le choc de ta rigueur.

Car lui de plus en plus aimant
Ta grâce, et ton honnêteté,
Semble au portrait d’un diamant,
Qui pour garder sa fermeté,
Se rompt plutôt sous le marteau,
Que se voir tailler de nouveau.

Aussi ni l’or qui peut tenter,
Ni autre grâce, ni maintien,
Ne sauraient dans mon cœur enter
Un autre portrait que le tien,
Et plutôt il mourrait d’ennui
Que d’en souffrir un autre en lui.

Il ne faut point pour empêcher
Qu’une autre dame en ait sa part,
L’environner d’un grand rocher,
Ou d’une fosse, ou d’un rempart,
Amour te l’a si bien conquis
Que plus il ne peut être acquis.

Chanson, les étoiles seront
La nuit sans les cieux allumer,
Et plutôt les vents cesseront
De tempêter dessus la mer,
Que l’orgueil de sa cruauté,
Puisse ébranler ma loyauté.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

[…] 

Un grand rocher qui a le dos,
Et les pieds toujours outragés,
Ore des Vents, ore des flots
En leurs tempêtes enragés,
N’est point si ferme que mon cœur
Contre le choc de ta rigueur.

Car lui de plus en plus aimant
Ta grâce, et ton honnêteté,
Semble au portrait d’un diamant,
Qui pour garder sa fermeté,
Se rompt plutôt sous le marteau,
Que se voir tailler de nouveau.

Aussi ni l’or qui peut tenter,
Ni autre grâce, ni maintien,
Ne sauraient dans mon cœur enter
Un autre portrait que le tien,
Et plutôt il mourrait d’ennui
Que d’en souffrir un autre en lui.

Il ne faut point pour empêcher
Qu’une autre dame en ait sa part,
L’environner d’un grand rocher,
Ou d’une fosse, ou d’un rempart,
Amour te l’a si bien conquis
Que plus il ne peut être acquis.

Chanson, les étoiles seront
La nuit sans les cieux allumer,
Et plutôt les vents cesseront
De tempêter dessus la mer,
Que l’orgueil de sa cruauté,
Puisse ébranler ma loyauté.

 

Version de 1553 en ligne le 16/01/11,
remplacée par celle de 1552 le 19/03/17.
Dernière révision le 19/03/17.