Pierre de RONSARD (1524-1585)
Toujours ne tempête enragée…
Paris, veuve Maurice de La Porte, 1553.

TOuiours ne tempeste enragée,
Contre ses bords la mer Egée,
Et touiours l’orage cruel
Des vens, comme vn foudre ne gronde
Elochant la voute du Monde
D’vn soufflement continuel:

Touiours l’hiuer de neiges blanches,
Des Pins n’enfarine les branches:
Et du haut Apennin, touiours
La gréle le dos ne martelle,
Et touiours la glace eternelle
Des fleuues ne bride le cours:

Touiours ne durent orgueilleuses
Les Pyramides sourcilleuses,
Contre la faus du tans vainqueur:
Aussi ne doit l’ire felonne,
Qui de son fiel nous empoisonne,
Durer touiours dedans vn cœur.

Rien sous le ciel ferme ne dure:
Telles lois la sage Nature
Arresta dans ce monde, alors
Que Pyrrhe épandoit sus la terre
Nos aieus conceus d’une pierre

S’amolissante en nouueaus cors.

[…] 

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

TOuiours ne tempeste enragée,
Contre ses bords la mer Egée,
Et touiours l’orage cruel
Des vens, comme vn foudre ne gronde
Elochant la voute du Monde
D’vn soufflement continuel:

Touiours l’hiuer de neiges blanches,
Des pins n’enfarine les branches:
Et du haut Apennin, touiours
La gréle le dos ne martelle,
Et touiours la glace eternelle
Des fleuues ne bride le cours:

Touiours ne durent orgueilleuses
Les Pyramides sourcilleuses,
Contre la faus du tans vainqueur:
Aussi ne doit l’ire felonne,
Qui de son fiel nous empoisonne,
Durer touiours dedans vn cœur.

Rien sous le ciel ferme ne dure:
Telles lois la sage Nature
Arresta dans ce monde, alors
Que Pyrrhe épandoit sus la terre
Nos aieus conceus d’une pierre

S’amolissante en nouueaus cors.

[…] 

 

En ligne le 10/07/08.
Dernière révision le 01/07/18.