François de CHANTELOUVE (?-?)
Autant de feuilles vertes…
Paris, Nicolas Bonfons, 1576.

Le peuple Israëlite.

[…]

Autant de fueilles vertes,
Le Prin-temp gracieux,
Par les forests couuertes
Ne fait veoir à noz yeux
Et parmy la prairie
Tant de fleurs ne varie.

Tant de bonnes odeurs,
Ne font fleurer le Tmole:
Sabe tant de senteurs,
Et le doré Pactole
Tant de sablons orins
Es flots ne traine fins.

Comme de noz lumieres
De pleurs nous distilons:
Comme de douleurs fieres
Les Nilides felons
En si triste iournee
Donnant à ta lignee.

Certes Iacob cognoit
Que ses pechez & fautes,
Seigneur, s’il te plaisoit
Punitions plus hautes,
Plus aspre chastiment
Merite dignement.

Tant d’estoilles brillantes
En vne claire nuit
Par le pole hallantes
Iamais homme ne rit,
Et par la forest blonde
Tant de froment n’abonde.

De tant de rocs pierreus,
De tant de bancs de sable,
N’a l’Ocean pierreus
Sa compagne effroyable
Comme de noirs pechez
Nous sommes entachez.

Tant Thetis la vitree,
De peuples escaillez
En son onde azuree,
En ses bords esmaillez
Ne paist, & n’est semee
D’herbe en verdeur aimee.

Comme tu as en toy
De piteuse clemence
O Seigneur donques voy,
Voy nostre repentance
Et ne nous souffre ainsi
Tiranniser icy.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Le peuple Israëlite.

[…]

Autant de fueilles vertes,
Le Prin-temp gracieux,
Par les forests couuertes
Ne fait veoir à noz yeux
Et parmy la prairie
Tant de fleurs ne varie.

Tant de bonnes odeurs,
Ne font fleurer le Tmole:
Sabe tant de senteurs,
Et le doré Pactole
Tant de sablons orins
Es flots ne traine fins.

Comme de noz lumieres
De pleurs nous distilons:
Comme de douleurs fieres
Les Nilides felons
En si triste iournee
Donnant à ta lignee.

Certes Iacob cognoit
Que ses pechez & fautes,
Seigneur, s’il te plaisoit
Punitions plus hautes,
Plus aspre chastiment
Merite dignement.

Tant d’estoilles brillantes
En vne claire nuit
Par le pole hallantes
Iamais homme ne rit,
Et par la forest blonde
Tant de froment n’abonde.

De tant de rocs pierreus,
De tant de bancs de sable,
N’a l’Ocean pierreus
Sa compagne effroyable
Comme de noirs pechez
Nous sommes entachez.

Tant Thetis la vitree,
De peuples escaillez
En son onde azuree,
En ses bords esmaillez
Ne paist, & n’est semee
D’herbe en verdeur aimee.

Comme tu as en toy
De piteuse clemence
O Seigneur donques voy,
Voy nostre repentance
Et ne nous souffre ainsi
Tiranniser icy.

 

En ligne le 21/01/09.
Dernière révision le 04/11/18.