Vasquin PHILIEUL (1522-?)
L’honoré jour… (Canz., 157)
Avignon, B. Bonhomme, 1555 (Paris, 1548).

L’honnoré iour, que i’eus dueil & liesse,
Tant dans mon cœur ceste image plantoit,
Que fort seroit le temps, si l’en ostoit,
Car d’y penser nuict & iour ie ne cesse.

L’esprit, qui est honneur de gentillesse,
Et les douz plainctz, amers, qu’on escoutoit,
Faisoient doubter, si qui tels les iectoit
Si doulcement, estoit femme ou deésse.

Le chef d’or fin, face de neige ardente,
Sourcilz d’Hebene, estoiles non pareilles,
Et par dessus perles, rozes uermeilles,

C’estoit d’amour la glorieuse tente.
Et les souspirs, qui donnoient les allarmes,
Estoient de flamme, & de cristal les larmes.

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L’honnoré iour, que ieus dueil & lieſſe,
Tant dans mon cœur ceſte image plantoit,
Que fort ſeroit le temps, ſi len oſtoit,
Car dy penſer nuict & iour ie ne ceſſe.

L’eſprit, qui eſt honneur de gentilleſſe,
Et les douz plainctz, amers, quon eſcoutoit,
Faiſoient doubter, ſi qui tels les iectoit
Si doulcement, eſtoit femme ou deéſſe.

Le chef dor fin, face de neige ardente,
Sourcilz dHebene, eſtoiles non pareilles,
Et par deſſus perles, rozes uermeilles,

C’eſtoit damour la glorieuſe tente.
Et les ſouſpirs, qui donnoient les allarmes,
Eſtoient de flamme, & de crial les larmes.

 

En ligne le 11/02/22.
Dernière révision le 27/02/26.