Jean de LA JESSÉE (1551-?)
Je n’égale mes soins…
Anvers, Christofle Plantin, 1583.

Ie n’esgalle mes soingz au nombre de l’areine,
Aus fleurettes d’Auril, ny aus flotz de la mer :
Et moins aus clairs Ardantz que l’on void allumer
Là-sus parmi le Ciel, quand la nuit est seraine.

Tant de comparaisons ne font rien à ma peine,
Elles seruent plustot d’acroistre, & d’enflamer,
Le feu qui brusle trop, iusqu’à me consumer :
Rendant sans los mon œuure, & sans style ma veine.

Il suffit qu’au menu i’esbauche icy ce fleau,
Comme vn Peintre subtil qui veut en son tableau
Representer d’vn Ost quelque grand’ myriade,

Nous monstre seulement les testes par le bout :
Aussi bien s’il falloit que i’escriuisse tout,
Ie feroy de mes maus vne grosse Iliade.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Ie n’esgalle mes soingz au nombre de l’areine,
Aus fleurettes d’Auril, ny aus flotz de la mer :
Et moins aus clairs Ardantz que l’on void allumer
Là-sus parmi le Ciel, quand la nuit est seraine.

Tant de comparaisons ne font rien à ma peine,
Elles seruent plustot d’acroistre, & d’enflamer,
Le feu qui brusle trop, iusqu’à me consumer :
Rendant sans los mon œuure, & sans style ma veine.

Il suffit qu’au menu i’esbauche icy ce fleau,
Comme vn Peintre subtil qui veut en son tableau
Representer d’vn Ost quelque grand’ myriade,

Nous monstre seulement les testes par le bout :
Aussi bien s’il falloit que i’escriuisse tout,
Ie feroy de mes maus vne grosse Iliade.

 

En ligne le 29/10/09.
Dernière révision le 24/06/19.