Étienne DU TRONCHET (?-1585)
Trouver paix je ne puis…
Lyon, P. Frellon et A. Cloquemin, 1595.

TRouver paix je ne puis, et ne puis faire guerre,
Je crains, j’espère, j’ards, et suis la même glace :
Je vole sur le ciel, et ne bouge de terre.
En ne rien étreignant tout le monde j’embrasse.

Tel me tient en prison qui ne m’ouvre ni serre :
Ni pour soi me retient, ni rompt ce qui me lace.
Amour point ne me tue, et si ne me déferre,
Il ne me veut voir vif, ni que mort me défasse.

J’étends sans yeux ma vue, et sans langue mes cris :
J’enrage de périr et conferme ma vie.
Je veux mal à moi seul, et tous me sont amis.

Je me pais de douleurs, et en pleurant je ris,
Et tant me plaît la mort comme j’aime la vie.
Madame c’est l’état en quoi vous m’avez mis.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

TRouver paix je ne puis, et ne puis faire guerre,
Je crains, j’espère, j’ards, et suis la même glace :
Je vole sur le ciel, et ne bouge de terre.
En ne rien étreignant tout le monde j’embrasse.

Tel me tient en prison qui ne m’ouvre ni serre :
Ni pour soi me retient, ni rompt ce qui me lace.
Amour point ne me tue, et si ne me déferre,
Il ne me veut voir vif, ni que mort me défasse.

J’étends sans yeux ma vue, et sans langue mes cris :
J’enrage de périr et conferme ma vie.
Je veux mal à moi seul, et tous me sont amis.

Je me pais de douleurs, et en pleurant je ris,
Et tant me plaît la mort comme j’aime la vie.
Madame c’est l’état en quoi vous m’avez mis.

 

En ligne le 14/05/05.
Dernière révision le 08/04/16.