Jean de LA JESSÉE (1551-?)
J’aime le doux repos…
Anvers, Christofle Plantin, 1583.
ouvrir sur Gallica : Les Jeunesses, livre I, p. 38.

J’aime le doux repos, et suis toujours en peine,
Je cherche allègement, et trouve la douleur,
J’évite un soin ouvert, et sens un soin voleur,
Je déchasse la crainte, et mon âme en est pleine.

J’erre sans déplacer où le Sort me pourmène,
Je tâche à m’éjouir, et triste est ma pâleur,
J’épie le bonheur, et ne vois que malheur,
Je veux suivre la paix, et la guerre m’emmène.

J’aspire à la franchise, et captif on me tient,
J’abhorre mon haineux, et ma grâce il obtient,
Je suis trop clair-oyant, et rentre en ma sourdesse.

Plus j’évente mon mal, plus grand devient l’émoi,
Plus je flatte l’orgueil, plus accroît la rudesse :
Est-il homme en ce monde aussi chétif que moi ?

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

J’aime le doux repos, et suis toujours en peine,
Je cherche allègement, et trouve la douleur,
J’évite un soin ouvert, et sens un soin voleur,
Je déchasse la crainte, et mon âme en est pleine.

J’erre sans déplacer où le Sort me pourmène,
Je tâche à m’éjouir, et triste est ma pâleur,
J’épie le bonheur, et ne vois que malheur,
Je veux suivre la paix, et la guerre m’emmène.

J’aspire à la franchise, et captif on me tient,
J’abhorre mon haineux, et ma grâce il obtient,
Je suis trop clair-oyant, et rentre en ma sourdesse.

Plus j’évente mon mal, plus grand devient l’émoi,
Plus je flatte l’orgueil, plus accroît la rudesse :
Est-il homme en ce monde aussi chétif que moi ?

 

En ligne le 16/07/06.
Dernière révision le 03/07/14.