Étienne JODELLE (1532-1573)
Le dol longtemps couvé…
Paris, N. Chesneau & M. Patisson, 1574.

Le dol longtemps couvé, la surprise, et l’audace,
Tombent en contreruse, en repousse, et rabais :
Quiconque hait les siens, leur repos, et leur paix,

L’étranger, le travail, la guerre le terrasse,

Celui n’est plus qu’un songe, un tronc, et une glace,
Qui veillait, florissait, et brûlait en ses faits :
S’on veut vaincre, enrichir, revivre par méfaits,
La dépouille, la perte, et la mort nous menace.

Malheur quand l’âge vieil, le trouble, et la froideur
Rencontre une jeunesse, un accord, une ardeur :
Par ces trois l’heur passé, l’effort, et l’espérance

Se tournent en malheur, faiblesse, et désespoir,
Or’ que l’Empereur, l’Aigle, et l’Espagne font voir
Que vaut notre grand Roi, notre Lys, notre France.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Le dol longtemps couvé, la surprise, et l’audace,
Tombent en contreruse, en repousse, et rabais :
Quiconque hait les siens, leur repos, et leur paix,

L’étranger, le travail, la guerre le terrasse,

Celui n’est plus qu’un songe, un tronc, et une glace,
Qui veillait, florissait, et brûlait en ses faits :
S’on veut vaincre, enrichir, revivre par méfaits,
La dépouille, la perte, et la mort nous menace.

Malheur quand l’âge vieil, le trouble, et la froideur
Rencontre une jeunesse, un accord, une ardeur :
Par ces trois l’heur passé, l’effort, et l’espérance

Se tournent en malheur, faiblesse, et désespoir,
Or’ que l’Empereur, l’Aigle, et l’Espagne font voir
Que vaut notre grand Roi, notre Lys, notre France.

 

En ligne le 07/01/09.
Dernière révision le 21/12/13.