Vasquin PHILIEUL (1522-?)
Paix je ne trouve…
Avignon, Barthélémy Bonhomme, 1555.
ouvrir sur Gallica : livre I, sonnet LI, pp. 54-55.

Paix je ne trouve, et n’ai dont faire guerre,
J’espère et crains, et brûlant suis en glace,
Rien je n’étreins, et tout le monde embrasse,
Je vole au ciel, et suis croupant en terre.

En prison m’a tel, qui n’ouvre ne serre,
Ne me retient pour sien, ne me délace,
D’amour je vis, et point ne me fait grâce,
Et ne me tue, encore moins desserre.

Sans yeux je vois, et sans langue je crie,
Je quiers secours, et de mourir je prie,
Un autre j’aime, et à moi je veux mal.

Je ris en pleurs, et deuil repaît mon âme,
Et vie et mort me fâchent par égal :
Voilà l’état, où suis pour vous, ma dame.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Paix je ne trouve, et n’ai dont faire guerre,
J’espère et crains, et brûlant suis en glace,
Rien je n’étreins, et tout le monde embrasse,
Je vole au ciel, et suis croupant en terre.

En prison m’a tel, qui n’ouvre ne serre,
Ne me retient pour sien, ne me délace,
Damour je vis, et point ne me fait grâce,
Et ne me tue, encore moins desserre.

Sans yeux je vois, et sans langue je crie,
Je quiers secours, et de mourir je prie,
Un autre j’aime, et à moi je veux mal.

Je ris en pleurs, et deuil repaît mon âme,
Et vie et mort me fâchent par égal :
Voilà l’état, où suis pour vous, ma dame.

 

En ligne le 12/12/04.
Dernière révision le 04/07/10.