Étienne JODELLE (1532-1573)
Je me trouve et me perds…
Paris, N. Chesneau & M. Patisson, 1574.
ouvrir sur Gallica : Les Amours, sonnet XLII, f° 11v°.

Je me trouve et me perds, je m’assure et m’effroie,
En ma mort je revis, je vois sans penser voir,
Car tu as d’éclairer et d’obscurcir pouvoir,
Mais tout orage noir de rouge éclair flamboie.

Mon front qui cache et montre avec tristesse, joie,
Le silence parlant, l’ignorance au savoir,
Témoignent mon hautain et mon humble devoir,
Tel est tout cœur, qu’espoir et désespoir guerroie.

Fier en ma honte et plein de frisson chaloureux,
Blâmant, louant, fuyant, cherchant, l’art amoureux,
Demi-brut, demi-dieu je suis devant ta face,

Quand d’un œil favorable et rigoureux, je crois,
Au retour tu me vois, moi las ! qui ne suis moi :
Ô clair-voyant aveugle, ô amour, flamme et glace !

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Je me trouve et me perds, je m’assure et m’effroie,
En ma mort je revis, je vois sans penser voir,
Car tu as d’éclairer et d’obscurcir pouvoir,
Mais tout orage noir de rouge éclair flamboie.

Mon front qui cache et montre avec tristesse, joie,
Le silence parlant, l’ignorance au savoir,
Témoignent mon hautain et mon humble devoir,
Tel est tout cœur, qu’espoir et désespoir guerroie.

Fier en ma honte et plein de frisson chaloureux,
Blâmant, louant, fuyant, cherchant, l’art amoureux,
Demi-brut, demi-dieu je suis devant ta face,

Quand d’un œil favorable et rigoureux, je crois,
Au retour tu me vois, moi las ! qui ne suis moi :
Ô clair-voyant aveugle, ô amour, flamme et glace !

 

En ligne le 31/12/05.
Dernière révision le 19/03/11.