Philippe DESPORTES (1546-1606)
Amour en même instant…
Paris, Robert Estienne, 1573.

Amour en même instant m’aiguillonne et m’arrête,
M’assure et me fait peur, m’ard et me va glaçant,
Me pourchasse et me fuit, me rend faible et puissant,
Me fait victorieux, et marche sur ma tête.

Ores bas, ores haut, jouet de la tempête,
Il va comme il lui plaît ma navire élançant :
Je pense être échappé quand je suis périssant,
Et quand j’ai tout perdu je chante ma conquête.

De ce qui plus me plaît je reçois déplaisir :
Voulant trouver mon cœur, j’égare mon désir :
J’adore une beauté qui m’est toute contraire.

Je m’empêtre aux filets dont je me veux garder :
Et voyant en mon mal ce qui me peut aider,
Las ! je l’approuve assez, mais je ne le puis faire.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 
 

Amour en même instant m’aiguillonne et m’arrête,
M’assure et me fait peur, m’ard et me va glaçant,
Me pourchasse et me fuit, me rend faible et puissant,
Me fait victorieux, et marche sur ma tête.

Ores bas, ores haut, jouet de la tempête,
Il va comme il lui plaît ma navire élançant :
Je pense être échappé quand je suis périssant,
Et quand j’ai tout perdu je chante ma conquête.

De ce qui plus me plaît je reçois déplaisir :
Voulant trouver mon cœur, j’égare mon désir :
J’adore une beauté qui m’est toute contraire.

Je m’empêtre aux filets dont je me veux garder :
Et voyant en mon mal ce qui me peut aider,
Las ! je l’approuve assez, mais je ne le puis faire.

 

En ligne le 29/04/06.
Dernière révision le 10/12/11.