Claude GARNIER (?-v.1630)
Mes ans plus beaux…
Paris, Gilles Robinot, 1609.

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textes de
Cl. Garnier

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dispo­sition du
pré­ambule
(vers 5-7)

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propos :
perma­nence de la douleur amou­reuse

 

Mes ans plus beaux de jour en jour s’empirent,
Et s’empirant je ne m’évertu’ point
De consommer l’aiguillon qui me point,
Et les tisons qui mes peines attirent.

Plutôt les mers, où les eaux se retirent,
Plutôt les cieux, où maint flambeau se joint,
Sans flots, sans feux se verront de tout point,
Que mes destins leurs effets ne désirent.

Si la pitié des beaux yeux qui m’ont pris
Ne me regarde, ou si le fer appris
D’une Atropos la cordelle n’en brise,

Je vois conduire à l’immortalité
Ma pénitence, et ma faute commise
En recherchant mon infélicité.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Mes ans plus beaux de jour en jour s’empirent,
Et s’empirant je ne m’évertu’ point
De consommer l’aiguillon qui me point,
Et les tisons qui mes peines attirent.

Plutôt les mers, où les eaux se retirent,
Plutôt les cieux, où maint flambeau se joint,
Sans flots, sans feux se verront de tout point,
Que mes destins leurs effets ne désirent.

Si la pitié des beaux yeux qui m’ont pris
Ne me regarde, ou si le fer appris
D’une Atropos la cordelle n’en brise,

Je vois conduire à l’immortalité
Ma pénitence, et ma faute commise
En recherchant mon infélicité.

 

En ligne le 27/03/10.
Dernière révision le 30/03/14.