Claude GARNIER (?-v. 1630)
Mes ans plus beaux…
Paris, Gilles Robinot, 1609.

Mes ans plus beaus de iour en iour s’ampirent,
Et s’ampirans ie ne m’euertu’ point
De consommer l’éguillon qui me point,
Et les tizons qui mes peines atirent.

Plutôt les mers, où les eaus se retirent,
Plutôt les cieus, où maint flambeau se ioint,
Sans flos, sans feus se verront de tout point,
Que mes destins leurs éfets ne dezirent.

Si la pitié des beaus yeus qui m’ont pris
Ne me regarde, ou si le fer apris
D’vne Atropos la cordelle n’en brize,

Ie voy conduire a l’immortalité
Ma penitance, & ma faute comize
En recherchant mon infelicité.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Mes ans plus beaus de iour en iour s’ampirent,
Et s’ampirans ie ne m’euertu’ point
De consommer l’éguillon qui me point,
Et les tizons qui mes peines atirent.

Plutôt les mers, où les eaus se retirent,
Plutôt les cieus, où maint flambeau se ioint,
Sans flos, sans feus se verront de tout point,
Que mes destins leurs éfets ne dezirent.

Si la pitié des beaus yeus qui m’ont pris
Ne me regarde, ou si le fer apris
D’vne Atropos la cordelle n’en brize,

Ie voy conduire a l’immortalité
Ma penitance, & ma faute comize
En recherchant mon infelicité.

 

En ligne le 27/03/10.
Dernière révision le 24/10/22.