Philippe de MALDEGHEM (1547-1611)
Je n’ai dont faire guerre…
Douay, François Fabry, 1606.

Ie n’ay dont faire guerre, en vain pais ie pourchasse,
Et ie crains & i’espere & i’ards de glace estant
Et ie m’en vole aux cieux sur la terre couchant,
Ie n’estrains rien, pourtant tout le monde i’embrasse.

Tel ne m’ouure ny serre, & en prison me lasse,
Ny pour sien me retient, en ses lacs me tenant,
Et Amour ne me tue, & des fers ne me prend,
Vif aussi ne me veut, & mon enui ne casse.

Sans langue auoir ie crie, aussi ie voy sans yeux,
Et ie voudroy perir, de secours desireux,
I’aime autruy, & ie porte vne haine a moy-mesme,

De douleur ie me pais, & en plaignant ie ris,
Ennemi à la vie & à la mort ie suis,
Pour vous dame ie vis en cest estat extreme.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Ie n’ay dont faire guerre, en vain pais ie pourchasse,
Et ie crains & i’espere & i’ards de glace estant,
Et ie m’en vole aux cieux sur la terre couchant,
Ie n’estrains rien, pourtant tout le monde i’embrasse.

Tel ne m’ouure ny serre, & en prison me lasse,
Ny pour sien me retient, en ses lacs me tenant,
Et Amour ne me tue, & des fers ne me prend,
Vif aussi ne me veut, & mon enui ne casse.

Sans langue auoir ie crie, aussi ie voy sans yeux,
Et ie voudroy perir, de secours desireux,
I’aime autruy, & ie porte vne haine a moy-mesme,

De douleur ie me pais, & en plaignant ie ris,
Ennemi à la vie & à la mort ie suis,
Pour vous dame ie vis en cest estat extreme.

 

En ligne le 29/12/04.
Dernière révision le 11/11/18.