Hiérosme d’AVOST de Laval (1558-1592)
Les grâces, que le Ciel… (Canz., 213)
Paris, Abel L’Angelier, 1584.

LEs graces, que le Ciel, prodigue, à peu destine,
La vertu qui n’a rien de commun auec nous,
En vn âge non-meur vn iugement sur tous,
Et en vne vierge humble vne beauté diuine:

Vn celeste marcher, & grace peregrine,
Vn chant sirenean, plus que le succre doux,
L’esprit, qui les plus hauts fait broncher au dessous,
Qui rompt de sa douceur la force adamantine:

Et cet Astre iumeau, pere de mes ennuiz,
Puissant pour esclaircir les abîmes, & nuits,
Et tuer les viuants, & donner aux morts vie;

Et ce graue parler facondement formé,
Et ces souspirs qui ont ma liberté rauie:
Ce sont les enchanteurs, dont ie fu transformé.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

LEs graces, que le Ciel, prodigue, à peu deſtine,
La vertu qui n’a rien de commun auec nous,
En vn âge non-meur vn iugement ſur tous,
Et en vne vierge humble vne beauté diuine:

Vn celeſte marcher, & grace peregrine,
Vn chant ſirenean, plus que le ſuccre doux,
L’eſprit, qui les plus hauts fait brõcher au deſſous,
Qui rompt de ſa douceur la force adamantine:

Et cet Aſtre iumeau, pere de mes ennuiz,
Puiſſant pour eſclaircir les abîmes, & nuits,
Et tuer les viuants, & donner aux morts vie;

Et ce graue parler facondement formé,
Et ces ſouſpirs qui ont ma liberté rauie:
Ce ſont les enchanteurs, dont ie fu transformé.

 

En ligne le 26/10/26.
Dernière révision le 26/10/26.