Étienne PASQUIER (1529-1615)
Puisque je vois mes pleurs…
Paris, Vincent Sertenas, 1555.
ouvrir sur Gallica : Sonnets, f° 29r°.

Puisque je vois mes pleurs n’être que songe,
Je ne veux plus que ton œil, ni ta grâce,
Ni cet amour qui dans mon sang se plonge,
Trouve dans moi dorénavant sa place.

Puisque le feu en amour n’est que glace :
La glace, feu : puisque le bien nous ronge :
Le mal est bien : puisque d’une disgrâce,
Le faux est vrai : le vrai n’est que mensonge.

Puisque le franc est serf, le serf délivre :
Le deuil, plaisir : et le plaisir, détresse :
Puisque l’Amour est à soi tout contraire :

Je ne veux plus dedans ce Chaos vivre,
Et si je veux, quittant toute maîtresse,
Me rendre mien : mais je ne le puis faire.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Puisque je vois mes pleurs n’être que songe,
Je ne veux plus que ton œil, ni ta grâce,
Ni cet amour qui dans mon sang se plonge,
Trouve dans moi dorénavant sa place.

Puisque le feu en amour n’est que glace :
La glace, feu : puisque le bien nous ronge :
Le mal est bien : puisque d’une disgrâce,
Le faux est vrai : le vrai n’est que mensonge.

Puisque le franc est serf, le serf délivre :
Le deuil, plaisir : et le plaisir, détresse :
Puisque l’Amour est à soi tout contraire :

Je ne veux plus dedans ce Chaos vivre,
Et si je veux, quittant toute maîtresse,
Me rendre mien : mais je ne le puis faire.

 

En ligne le 26/01/08.
Dernière révision le 18/05/14.