Clovis HESTEAU (?-?)
D’une incroyable amour…
Paris, Abel L’Angelier, 1578.
ouvrir sur Gallica : Amours, sonnet XI, f° 35v°.

D’une incroyable amour, d’un désir, d’une crainte,
La chaleur, l’aiguillon, et la morne froideur,
À languir, s’égarer, et geler en l’ardeur,
Sourde, aveugle, et muette, ont mon âme contrainte.

Je n’ose découvrir mon affection sainte,
Brûlé, point, et glacé, je couve mon malheur,
Et tâchant d’amoindrir l’effort de ma douleur,
Je déçois ma raison par une fable feinte.

Hélas mon cher Soleil, connais donc mon émoi,
Mon désir, et ma peur, prenant pitié de moi,
Comme d’un criminel, qui gêné par le cable

Sent l’angoisseux tourment, et ne s’ose écrier :
Car je suis à la chaîne, et ne t’ose prier,
Toi qui peux seule ôter la douleur qui m’accable.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

D’une incroyable amour, d’un désir, d’une crainte,
La chaleur, l’aiguillon, et la morne froideur,
À languir, s’égarer, et geler en l’ardeur,
Sourde, aveugle, et muette, ont mon âme contrainte.

Je n’ose découvrir mon affection sainte,
Brûlé, point, et glacé, je couve mon malheur,
Et tâchant d’amoindrir l’effort de ma douleur,
Je déçois ma raison par une fable feinte.

Hélas mon cher Soleil, connais donc mon émoi,
Mon désir, et ma peur, prenant pitié de moi,
Comme d’un criminel, qui gêné par le cable

Sent l’angoisseux tourment, et ne s’ose écrier :
Car je suis à la chaîne, et ne t’ose prier,
Toi qui peux seule ôter la douleur qui m’accable.

 

En ligne le 29/01/09.
Dernière révision le 23/09/10.