Jean-Baptiste CHASSIGNET (v.1570-1635)
Assieds-toi sur le bord…
Besançon, Nicolas de Moingesse, 1594.
ouvrir sur Gallica : sonnet V, p. 27.

ASsieds-toi sur le bord d’une ondante rivière

Tu la verras fluer d’un perpétuel cours,
Et flots sur flots roulant en mille et mille tours
Décharger par les prés son humide carrière

Mais tu ne verras rien de cette onde première
Qui naguère coulait, l’eau change tous les jours,
Tous les jours elle passe, et la nommons toujours
Même fleuve et même eau, d’une même manière.

Ainsi l’homme varie, et ne sera demain
Telle comme aujourd’hui du pauvre corps humain
La force que le temps abrévie, et consomme :

Le nom sans varier nous suit jusqu’au trépas,
Et combien qu’aujourd’hui celui ne sois-je pas
Qui vivais hier passé, toujours même on me nomme.

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ASsieds-toi sur le bord d’une ondante rivière

Tu la verras fluer d’un perpétuel cours,
Et flots sur flots roulant en mille et mille tours
Décharger par les prés son humide carrière

Mais tu ne verras rien de cette onde première
Qui naguère coulait, l’eau change tous les jours,
Tous les jours elle passe, et la nommons toujours
Même fleuve et même eau, d’une même manière.

Ainsi l’homme varie, et ne sera demain
Telle comme aujourd’hui du pauvre corps humain
La force que le temps abrévie, et consomme :

Le nom sans varier nous suit jusqu’au trépas,
Et combien qu’aujourd’hui celui ne sois-je pas
Qui vivais hier passé, toujours même on me nomme.

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En ligne le 20/02/13.
Dernière révision le 09/03/17.