Vasquin PHILIEUL (1522-?)
Comble d’oubli…
Avignon, B. Bonhomme, 1555 (Paris, 1548).

Comble d’oubli s’en passe mon navire
Sur âpre mer d’hiver en la minuit,
Parmi Charybde et Scylle, où tout me nuit,
Mon ennemi au gouvernail empire.

Chacune rame un dur souci retire,
Qui ni sa mort, ni la tempête fuit :
Et puis ma voile un vent rompt et détruit,
Qui par soupirs, espoirs et désirs tire.

Pluye de pleurs, nuée de dédains
Baigne et détend mes cordes et mes voiles,
Que l’ignorance a tissu de ses mains

Avec erreur, j’ai pers mes deux étoiles.
Art, et raison sont jà mises à mort,
Tant que meshui je despère du port.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Comble d’oubli s’en passe mon navire
Sur âpre mer d’hiver en la minuit,
Parmi Charybde et Scylle, où tout me nuit,
Mon ennemi au gouvernail empire.

Chacune rame un dur souci retire,
Qui ni sa mort, ni la tempête fuit :
Et puis ma voile un vent rompt et détruit,
Qui par soupirs, espoirs et désirs tire.

Pluye de pleurs, nuée de dédains
Baigne et détend mes cordes et mes voiles,
Que l’ignorance a tissu de ses mains

Avec erreur, j’ai pers mes deux étoiles.
Art, et raison sont jà mises à mort,
Tant que meshui je despère du port.

 

En ligne le 07/07/22.
Dernière révision le 07/07/22.