Vasquin PHILIEUL (1522-?)
Peu s’en fallait… (Canz., 51)
Avignon, B. Bonhomme, 1555 (Paris, 1548).

Peu s’en falloit qu’à mes yeux la lumiere
Ne s’approchast, qui de loing m’esblouit.
Dont tout ainsi que changer on la ueit
En Thessalie : en la meme maniere

I’aurois changé ma forme toute entiere,
Comme mon cœur est en elle, & en uit.
Mais estant loing du tout ne me rauit,
Tant qu’auroit faict, n’eusse esté si arriere.

Car si plus pres i’eusse eu son beau uisage,
M’eust du tout faict une marbrine image,
Prisée apres d’auare tourbe unie.

Aumoins serois hors de ce feu qui m’ard,
Dont i’ay enuie à celluy grand uieillard,
Qui faict du dos ombre à Mauritanie.

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Peu sen falloit quà mes yeux la lumiere
Ne sapprocha, qui de loing meſblouit.
Dont tout ainſi que changer on la ueit
En Theſſalie : en la meme maniere

Iaurois changé ma forme toute entiere,
Comme mon cœur eſt en elle, & en uit.
Mais eſtant loing du tout ne me rauit,
Tant quauroit faict, neuſſe eſté ſi arriere.

Car ſi plus pres ieuſſe eu ſon beau uiſage,
M’euſt du tout faict une marbrine image,
Priſée apres dauare tourbe unie.

Aumoins ſerois hors de ce feu qui mard,
Dont iay enuie à celluy grand uieillard,
Qui faict du dos ombre à Mauritanie.

 

En ligne le 06/06/26.
Dernière révision le 06/06/26.