Jacques PELETIER du Mans (1517-1582)
Or que le Ciel… (Canz., 164)
Paris, M. de Vascosan & G. Corrozet, 1547.

Or que le Ciel, Terrɇ, & Vent est paisible,
Et que sommeil tout animal demeine,
La nuit le char estellé en tour meine,
Qu’en son lit est la mer sans flotz taisible,

Ie ueillɇ, ars, pensɇ & pleurɇ: & m’est uisible
Ce qui m’occit, pour ma tresdousse peine:
Mon estat est guerre d’irɇ & deuil pleine,
Et paix trouuer, qu’y pensant, n’est possible.

Doncq’ seulement d’une source tresuiue
Doux & amer sort, dont me uois paissant:
Vne main seulɇ, & me guerit & point:

Et puis affin que mon mal n’aillɇ a riue,
Cent fois le iour suis mourant & naissant,
Tant loing ie suis de mon salut desioint.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Or que le Ciel, Terrɇ, & Vent eſt paiſible,
Et que ſommeil tout animal demeine,
La nuit le char eſtellé en tour meine,
Quen ſon lit eſt la mer ſans flotz taiſible,

Ie ueillɇ, ars, penſɇ & pleurɇ: & meſt uiſible
Ce qui moccit, pour ma tresdouſſe peine:
Mon eſtat eſt guerre dirɇ & deuil pleine,
Et paix trouuer, quy penſant, neſt poßible.

Doncq ſeulement dune ſource treſuiue
Doux & amer ſort, dont me uois paiſſant:
Vne main ſeulɇ, & me guerit & point:

Et puis affin que mon mal naillɇ a riue,
Cent fois le iour ſuis mourant & naiſſant,
Tant loing ie ſuis de mon ſalut deſioint.

 

En ligne le 21/05/21.
Dernière révision le 13/06/26.