Adrian de GADOU (?-?)
Eure, gentil ruisseau…
Paris, J. Mettayer & M. Challange, 1573.
ouvrir sur Gallica : L’Hermitage, f° 16v°.

Eure, gentil ruisseau, si tu n’as bruit de fleuve,
Si n’es-tu si petit, que par temps, et saisons
Tu ne fasses de toi aux voisines maisons
Qui usurpent ta rive une très-brave preuve :

Et n’y a chevalier (tant monté à l’épreuve)
S’il ne sait tes secrets, ainsi que nous faisons,
Ou s’il ne sait nager ainsi que les oisons,
S’il passe en ta fureur, qu’empêché ne se treuve :

En toi vont découlant fontaines, et surgeons,
On y voit, à milliers, canettes et plongeons :
Tu as, aux deux côtés, les beaux prés, et saulaies,

Tes fins bornent, après, maints coteaux, opulents
En vignes, en labeur, et en fruits excellents :
Pourquoi veut-on qu’envie aux grands fleuves tu aies ?

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Eure, gentil ruisseau, si tu n’as bruit de fleuve,
Si n’es-tu si petit, que par temps, et saisons
Tu ne fasses de toi aux voisines maisons
Qui usurpent ta rive une très-brave preuve :

Et n’y a chevalier (tant monté à l’épreuve)
S’il ne sait tes secrets, ainsi que nous faisons,
Ou s’il ne sait nager ainsi que les oisons,
S’il passe en ta fureur, qu’empêché ne se treuve :

En toi vont découlant fontaines, et surgeons,
On y voit, à milliers, canettes et plongeons :
Tu as, aux deux côtés, les beaux prés, et saulaies,

Tes fins bornent, après, maints coteaux, opulents
En vignes, en labeur, et en fruits excellents :
Pourquoi veut-on qu’envie aux grands fleuves tu aies ?

 

En ligne le 09/01/19.
Dernière révision le 09/01/19.