Antoine de CHANDIEU (1534-1591)
Je pensais que la mort…
Théodore de Bèze, Poemata
[Genève, 1576].

Je pensais que la mort avait trop tôt fermé
L’œil, l’oreille, et la bouche à ce chef vénérable,
Qui a vu et ouï le fruit inestimable
De son dire excellent, entre tous renommé.

Car maintenant son corps, qui demeure enfermé,
Aveugle, sourd, muet, au tombeau qui l’accable,
Ne voit et n’oit plus rien : et sa bouche admirable
Ne peut plus enseigner son troupeau bien-aimé.

Mais quand je pense aux maux survenus après lui,
Et qu’on ne voit, on n’oit, on ne dit rien qu’ennui,
Que guerre, que tourment, qui de si près nous touche :

Alors je connais bien, Calvin, que tu es mort
En un temps propre à toi, et qu’heureuse est la mort,
Qui t’a fermé ton œil, ton oreille, et ta bouche.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Je pensais que la mort avait trop tôt fermé
L’œil, l’oreille, et la bouche à ce chef vénérable,
Qui a vu et ouï le fruit inestimable
De son dire excellent, entre tous renommé.

Car maintenant son corps, qui demeure enfermé,
Aveugle, sourd, muet, au tombeau qui l’accable,
Ne voit et n’oit plus rien : et sa bouche admirable
Ne peut plus enseigner son troupeau bien-aimé.

Mais quand je pense aux maux survenus après lui,
Et qu’on ne voit, on n’oit, on ne dit rien qu’ennui,
Que guerre, que tourment, qui de si près nous touche :

Alors je connais bien, Calvin, que tu es mort
En un temps propre à toi, et qu’heureuse est la mort,
Qui t’a fermé ton œil, ton oreille, et ta bouche.

 

En ligne le 22/03/25.
Dernière révision le 22/03/25.