Antoine de CHANDIEU
(1534-1591)
Dernier poème en ligne :
1587 : Le monde est un jardin…

Qu’est-ce doncques

que le monde ?
Du vent, une fleur, une onde.



 
L’abbé GOUJET, 1748
 

RONSARD.

[…] Je laisse là les Gaytés et les Épi­grammes sur la Génisse de Myron, tra­duites du Grec, pour vous par­ler un moment des Dis­cours des misères de ce temps, dédiés à Cathe­rine de Médi­cis.[1]

Ronsard entre­prit ces dis­cours pour lais­ser à la pos­té­ri­té une des­crip­tion des maux qui trou­blèrent le Royaume sous la mino­ri­té de Charles IX, et en par­ti­cu­lier de ce que la France eut à souf­frir de la part des Cal­vi­nistes, contre les­quels le Poète montre beau­coup de zèle et de viva­ci­té. Il n’y a que deux de ces Dis­cours qui soient adres­sés à Cathe­rine de Médi­cis. Dans le troi­sième, Ron­sard ins­truit direc­te­ment le roi Charles IX à qui il donne des avis fort judi­cieux sur la manière dont il doit gou­ver­ner, et com­ment il faut qu’il se conduise en par­ti­cu­lier au milieu des désordres qui régnaient de son temps. La même matière, celle des mal­heurs de la France, est trai­tée dans trois autres Dis­cours, dont l’un est adres­sé à Guil­laume Des Autels, le second à Louis Des Masures, l’un et l’autre Poètes Fran­çais, et le troi­sième, qui est sous le titre de Remon­trance au peuple Français. […]

Ces dis­cours irri­tèrent les par­ti­sans de la Reli­gion pré­ten­due réfor­mée, et plu­sieurs y répon­dirent. Dès 1563 on vit paraître un écrit in-4° conte­nant trois réponses en vers ; la pre­mière par A. Zama­riel, c’est-à-dire, par le Ministre Antoine de La Roche-Chandieu : les deux autres par B. de Mont-Dieu, que Bayle soup­çonne être encore le Ministre que je viens de nom­mer, mais que Claude Binet, La Croix-Du-Maine et Du Verdier regardent comme un Auteur dif­fé­rent, dont le nom leur était incon­nu. Ces trois pièces parurent à Orlé­ans, quoique le nom de la Ville y soit sup­pri­mé. La réponse du pré­ten­du Zama­riel est entiè­re­ment conforme aux prin­cipes des Pro­tes­tants, qui rejettent la tra­di­tion, n’admettent que l’Écri­ture-Sainte, et ne consi­dèrent l’Auto­ri­té de l’Église Romaine que comme une auto­ri­té pure­ment humaine. […]

L’abbé GOUJET,
Biblio­thèque française,
ou Histoire de la Littéra­ture française,
tome XII, 1748, pp. 232-235,
[Gallica, NUMM-50655, PDF_235_238].


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Notes

[1] C’est dans la « vie » de Ronsard que l’abbé Goujet évoque la Réponse aux calom­nies conte­nues au Discours sur les Misères de ce temps… de Chandieu.




L’abbé GOUJET, 1752
 

VALAGRE, LA MAISON-FLEUR, MARIN LE SAULX, SAUTEMONT, LA ROCHE-CHANDIEU, &c.

Quelques années après la mort de Deni­sot, on impri­ma divers Can­tiques de plu­sieurs Auteurs qui avaient vécu de son temps. Mais je n’ai vu aucun des siens dans ce recueil.[1] Il y en a quinze du sieur de Valagre, que l’édi­teur ne nous fait point connaître ; Hymne Chré­tien de la liber­té, par J. M. D. L. G. Treize Can­tiques, dont cha­cun est extrê­me­ment long, par le sieur de La Maison-Fleur, gen­til­homme fran­çais, mort avant l’an 1580, qui est la date de la 1re édi­tion de ses Can­tiques, faite à Anvers ; Prières et saintes dolé­ances de Job, par Rémi Bel­leau, dont je vous ai par­lé ; huit Stances et deux Can­tiques de Phi­lippe Des­portes, dont je vous entre­tien­drai ; six Son­nets chré­tiens, tirés de la Théan­thro­po­ga­mie de Marin Le Saulx ; deux Can­tiques de Th. de Sau­te­mont ; deux de Joachim Du Bellay, et un de Ron­sard ; enfin, 50 Stances de l’incons­tance et vani­té du monde, par A. Z., c’est-à-dire, André Zama­riel, ou le Ministre La Roche-Chandieu, qui s’est caché sous ce nom. Ce recueil a paru en 1587 chez Matthieu Guil­le­mot à Paris.

L’abbé GOUJET,
Biblio­thèque française,
ou Histoire de la Littéra­ture française,
tome XIII, 1752, pp. 6-7,
[Gallica, NUMM-50656, PDF_33_34].


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Notes

[1] L’évo­ca­tion de ce recueil de poé­sies chré­tiennes suc­cède dans la Biblio­thèque de l’abbé Goujet à la « vie » de Nico­las Deni­sot.



Le monde et ce qui est sien
S’évanouit tout en rien

 
 

Liens

Biographie

* On peut lire une notice biogra­phique consa­crée à Antoine de Chandieu, dans une page du Musée Protes­tant, muséee virtuel du protes­tan­tisme.

Liens valides au 07/12/19.


 
 

En ligne le 15/05/11.
Dernière révision le 07/12/19.