Jean VATEL (v. 1550-1576 ?)
Qu’ores de mes beaux ans…
Paris, Mamert Patisson, 1601.
ouvrir sur Gallica : sonnet, f° 20v°.

QU’ores de mes beaux ans la Parque la plus fière

Tranche le triste fil de son fatal ciseau,
Je n’entrerai, Charon, à regret au bateau
Qui nous mène au séjour de la troupe légère.

Quoi ? voyant tant de fois la guerre sanguinaire
Allumer dans nos cœurs son funeste flambeau,
Et la Vertu flotter comme un frêle vaisseau
À la merci des vents d’une foi mercenaire :

Qui ne voudrait mourir plutôt que de se voir
Honteusement contraint d’un cruel désespoir
À souffrir la rigueur d’un siècle abominable ?

Plutôt que de souiller l’honneur de nos aïeux
Servant à l’étranger, au temps, à nos neveux,
De fable, et de jouet, et de honte exécrable ?

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QU’ores de mes beaux ans la Parque la plus fière

Tranche le triste fil de son fatal ciseau,
Je n’entrerai, Charon, à regret au bateau
Qui nous mène au séjour de la troupe légère.

Quoi ? voyant tant de fois la guerre sanguinaire
Allumer dans nos cœurs son funeste flambeau,
Et la Vertu flotter comme un frêle vaisseau
À la merci des vents d’une foi mercenaire :

Qui ne voudrait mourir plutôt que de se voir
Honteusement contraint d’un cruel désespoir
À souffrir la rigueur d’un siècle abominable ?

Plutôt que de souiller l’honneur de nos aïeux
Servant à l’étranger, au temps, à nos neveux,
De fable, et de jouet, et de honte exécrable ?

 

En ligne le 26/09/26.
Dernière révision le 26/09/26.