Nicolas LE MASSON (?-?)
Ô Mort, tu as laissé… (Canz., 338)
Paris, Olivier de Varennes, 1608.

O Mort tu as laissé le monde sans Soleil,

Sans trousse Cupidon, & priué de lumiere,
Le plaisir denué de sa suite premiere,
Mon cœur sans esperance, & tout nud de conseil.

Ce somme continu qui n’a point de resueil,
Met toute courtoisie & l’honneur en arriere,
Et moy seul de pitié i’espands vne riuiere,
Encore que chacun doiue imiter mon œil.

L’ær, la terre & la mer doiuent pleurer ensemble
Toute l’humanité, qui sans elle resemble
Vne bague sans pierre ou quelque pré sans fleur.

Quand le monde l’auoit il ne l’a sçeu cognoistre,
Aussi ne sçait-on pas ce que c’est queque c’est que du bon heur,
Sinon lors que le mal commence de paroistre.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

O Mort tu as laiſſé le monde ſans Soleil,

Sans trouſſe Cupidon, & priué de lumiere,
Le plaiſir denué de ſa ſuite premiere,
Mon cœur ſans esperance, & tout nud de conſeil.

Ce ſomme continu qui na point de reſueil,
Met toute courtoiſie & lhonneur en arriere,
Et moy ſeul de pitié ieſpands vne riuiere,
Encore que chacun doiue imiter mon œil.

Lær, la terre & la mer doiuent pleurer enſemble
Toute lhumanité, qui ſans elle reſemble
Vne bague ſans pierre ou quelque pré ſans fleur.

Quand le monde lauoit il ne la ſçeu cognoiſtre,
Auſſi ne ſçait-on pas que ceſt que du bon heur,
Sinon lors que le mal commence de paroiſtre.

«««  vers funèbres  »»»
 

En ligne le 19/08/26.
Dernière révision le 19/08/26.