Pierre LE LOYER (1550-1634)
Ma nef s’en va flottant…
Paris, Abel L’Angelier, 1576.

Ma nef s’en va flottant dessus la mer d’Amour,
Tantôt bas, tantôt haut, comme les flots la pressent :
Nulles terres, nuls ports à mes yeux s’apparaissent,
Rien que mer, rien que ciel je ne vois à l’entour.

Mes antennes, mon mat sont émus tout autour,
Du Cers et de l’Autan, qui mille assauts leur dressent :
Ma carène s’effondre, et mes cables s’abaissent,
Et mille épais brouillards me recèlent le jour.

Jupin sis en son char ses destriers rouges guide,
Et tonnant, éclairant, foudroyant par le vide,
Me met devant les yeux la mort et son effroi.

J’appelle en vain les Dieux, déplorant ma fortune,
Mais sourds sont les Jumeaux, et sourd aussi Neptune,
La mer, les vents, les Dieux conjurent contre moi.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Ma nef s’en va flottant dessus la mer d’Amour,
Tantôt bas, tantôt haut, comme les flots la pressent :
Nulles terres, nuls ports à mes yeux s’apparaissent,
Rien que mer, rien que ciel je ne vois à l’entour.

Mes antennes, mon mat sont émus tout autour,
Du Cers et de l’Autan, qui mille assauts leur dressent :
Ma carène s’effondre, et mes cables s’abaissent,
Et mille épais brouillards me recèlent le jour.

Jupin sis en son char ses destriers rouges guide,
Et tonnant, éclairant, foudroyant par le vide,
Me met devant les yeux la mort et son effroi.

J’appelle en vain les Dieux, déplorant ma fortune,
Mais sourds sont les Jumeaux, et sourd aussi Neptune,
La mer, les vents, les Dieux conjurent contre moi.

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En ligne le 20/03/20.
Dernière révision le 16/04/20.