Philibert BUGNYON
(v.1530-1587)
Dernier poème en ligne :
1557 : Macrin sa Gélonis…

ton cœur, aime-ris nymphe,

Gèle mes pleurs de sa brumale glace.

 

 
L’abbé GOUJET, 1748
 

PHILIBERT BUGNYON.

Vous venez de voir un Gentil­homme qui n’a composé que des poésies spiri­tuelles et morales [1], voici un grave Juris­consulte, qui en la même qualité de Poète, n’a presque fait résonner que des sons amoureux. Ce Juris­consulte est Philibert Bugnyon, né à Mâcon : il prenait les titres de Docteur ès Droits, d’Avocat en la Séné­chaussée, Siège présidial de Lyon, et Parlement de Dombes. Il fut depuis Conseiller du Roi, et son Avocat en l’élection de Lyon et pays Mâconnais. Il mourut vers 1590. Salmon Macrin avait chanté sa Gélonis ; Pontus de Tyard, sa Pasithée ; Ronsard, sa Cassandre ; Joachim Du Bellay, son Olive ; Muret, sa Marguerite ; Des Autels, sa Sainte ; Baïf, sa Méline ; Maurice Scève, sa Délie ; Bugnyon, à leur exemple, dont il s’auto­rise, et voulant, comme eux, monter sa lyre sur le ton amoureux, chanta sa Géla­sine,

Qui vaut autant en Français que Riante,
Allègre, amène, éveillée, plaisante,
Pour qui les Dieux laisseraient leur Olympe, etc.

Cette Gélasine était une Demoi­selle de Mâcon, sœur des Demoi­selles de Chanein et de Feurs. Bugnyon qui à cause d’elle, avait pris pour devise ces mots, Vouloir et espérer, ne soupira que pour elle, ne désira qu’elle, et malgré les obstacles qui s’opposèrent à son amour, ne perdit jamais l’espé­rance d’obtenir ce qu’il souhaitait avec ardeur. Il ne dit pas si ses vœux furent exaucés, si sa persé­vé­rance fut récom­pensée. Tout ce que l’on voit dans ses Éro­tasmes de Phidie et Géla­sine, c’est qu’il a exprimé en cent manières diffé­rentes sa passion pour celle qu’il recherchait, et qu’obligé de quitter Mâcon pour aller à Lyon, il fit à l’objet de ses amours les plus tendres adieux, et qu’il conserva toujours l’espoir de parvenir à la fin qu’il se proposait. Il y a lieu de croire que ce fut de Lyon qu’il envoya à sa Géla­sine le recueil de ses souhaits et de ses soupirs, puisque ce fut dans cette Ville qu’il le fit imprimer en 1557.

[…]

L’abbé GOUJET,
Bibliothèque française,
ou Histoire de la Littérature française,
tome XII, 1748, pp. 113-114
[Gallica, N0050655_PDF_116_117]
(texte modernisé).


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Notes

[1] La "vie" de Philibert Bugnyon succède dans la Bibliothèque de l’abbé Goujet à celle de Martin Spifame.





Liens

* On peut trouver en ligne sur Persee, portail de publication élec­tronique de revues scienti­fiques en sciences humaines et sociales, plusieurs articles consacrés à Philibert Bugnyon publiés dans différentes revues uni­ver­si­taires.






En ligne le 25/06/11.
Dernière révision le 03/03/17.