Jean de LA JESSÉE (1551-?)
Ah Mignonne ! ah folâtre !…

AH Mignonne ! ah folâtre ! ah lascive ! ah rebelle !
Donc tes grâces, tes ris, tes appâts, tes rigueurs,
Croîtront par heur, par jeu, par attrait, par cautèle,
Mes pensers, mes désirs, mes feux, et mes langueurs ?

Le son, la force, l’air, de la Musique molle,
Flatte, charme, adoucit, la peur, le mal, le deuil,
De ceux qu’une Tarente assaut, atteint, affole :

Mais quel remède hélas ! aux coups d’un tel orgueil ?

Nous voici tout seulets, rien rien ne nous empêche,
Prenons donc nos ébats, et suçons à plaisir
Nos baisers rebaisés : viens Belle, et te dépêche,
Nous userons ailleurs de sagesse à loisir.

Assez et trop je souffre, et ma face en est blême :
Mais puisque tes amours me vont ore échauffant,
Jouons-nous comme Amants ! sais-tu pas qu’Amour même
Se plaît à folâtrer, et n’est qu’un jeune enfant ?

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

AH Mignonne ! ah folâtre ! ah lascive ! ah rebelle !
Donc tes grâces, tes ris, tes appâts, tes rigueurs,
Croîtront par heur, par jeu, par attrait, par cautèle,
Mes pensers, mes désirs, mes feux, et mes langueurs ?

Le son, la force, l’air, de la Musique molle,
Flatte, charme, adoucit, la peur, le mal, le deuil,
De ceux qu’une Tarente assaut, atteint, affole
 :
Mais quel remède hélas ! aux coups d’un tel orgueil ?

Nous voici tout seulets, rien rien ne nous empêche,
Prenons donc nos ébats, et suçons à plaisir
Nos baisers rebaisés : viens Belle, et te dépêche,
Nous userons ailleurs de sagesse à loisir.

Assez et trop je souffre, et ma face en est blême :
Mais puisque tes amours me vont ore échauffant,
Jouons-nous comme Amants ! sais-tu pas qu’Amour même
Se plaît à folâtrer, et n’est qu’un jeune enfant ?

 

En ligne le 20/10/26.
Dernière révision le 20/10/26.