Jean de LA TAILLE (?-?)
Veux-tu doncques laisser…
Paris, Federic Morel, 1573.

Veux-tu doncques laisser en sa fleur la plus verte
Ton bel âge flétrir par une nonchalance ?
Ne veux-tu point goûter au fruit de la Jouvence,
Qui perdue, jamais ne sera recouverte ?

Veux-tu donc épargner ce dont on n’a point perte
Quand encor tout le monde en aurait jouissance ?
Pourquoi n’acceptes-tu cette tant bonne chance,
Puisque l’occasion nous a sa porte ouverte ?

Crois-tu toujours fleurir en beauté désirée ?
Ne crains-tu point qu’amour avec due vengeance,
Ne punisse ta mine, et ton orgueil farouche ?

Mais comme les grisons du mont Hyperborée,
Veux-tu garder soigneuse un trésor d’excellence,
Dont tu ne jouis point, et ne veux qu’autre y touche ?

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Veux-tu doncques laisser en sa fleur la plus verte
Ton bel âge flétrir par une nonchalance ?
Ne veux-tu point goûter au fruit de la Jouvence,
Qui perdue, jamais ne sera recouverte ?

Veux-tu donc épargner ce dont on n’a point perte
Quand encor tout le monde en aurait jouissance ?
Pourquoi n’acceptes-tu cette tant bonne chance,
Puisque l’occasion nous a sa porte ouverte ?

Crois-tu toujours fleurir en beauté désirée ?
Ne crains-tu point qu’amour avec due vengeance,
Ne punisse ta mine, et ton orgueil farouche ?

Mais comme les grisons du mont Hyperborée,
Veux-tu garder soigneuse un trésor d’excellence,
Dont tu ne jouis point, et ne veux qu’autre y touche ?

 

En ligne le 12/03/11.
Dernière révision le 08/07/15.