Jacques GRÉVIN (1538-1570)
Ô mélange du monde…
Paris, Vincent Sertenas et Guillaume Barbé, 1561.

O mélange du monde ! ô mondaine inconstance!
O monde, mais immonde ! ô grand tout, mais un rien!
O le monde nouueau ! ô le monde ancien!
O tous deux parangons de certaine impuissance !

Que tiens-tu dedans toy qui tienne une constance,
Sinon cest element, qui ha moins de moyen
De garder entre tous l’accoutumé maintien,
Et qui semble de soy faire moins resistance?

Troye le grand tombeau de la Grece feconde,
Et Romme la tremeur du demeurant du monde,
D’eux-mesmes ont esté en la fin le tombeau.

Le Xante est demouré, le Tybre coule encore:
Voyla pourquoy, bordat, maintenant ie déplore
Ce monde, ne uoyant qu’asseurance dans l’eau.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

O mélange du monde ! ô mondaine inconstance!
O monde, mais immonde ! ô grand tout, mais un rien!
O le monde nouueau ! ô le monde ancien!
O tous deux parangons de certaine impuissance !

Que tiens-tu dedans toy qui tienne une constance,
Sinon cest element, qui ha moins de moyen
De garder entre tous l’accoutumé maintien,
Et qui semble de soy faire moins resistance?

Troye le grand tombeau de la Grece feconde,
Et Romme la tremeur du demeurant du monde,
D’eux-mesmes ont esté en la fin le tombeau.

Le Xante est demouré, le Tybre coule encore:
Voyla pourquoy, bordat, maintenant ie déplore
Ce monde, ne uoyant qu’asseurance dans l’eau.

 

En ligne le 07/03/17.
Dernière révision le 20/04/19.