Simon GOULART
(1543-1628)
Dernier poème en ligne :
1574 : Le ciel, nature, l’art…

Je vois, je ne vois rien :

je parle, et mot ne sonne :

Je tiens, et ne tiens rien :

j’aime trop ma personne,

Et si ne l’aime point :

je suis discret et lourd.

 
Agrippa d’Aubigné, 1630
 

eloge de simon goulart

senlisien

SIMON GOULART SENLISIEN ayant employé lx années, de lxxxvi qu’il a vécues à précher la vérité à Genève, rempli l’Europe de plusieurs livres, en la doctrine et multi­pli­cité desquels chacun admire celle des dons qu’il avait reçus du ciel, cependant toujours fourni à sa charge, jusques à la dernière semaine de sa vie : les sept jours du silence de sa chaire remplacés par l’École de son chevet : enfin en une saison où les siens avaient besoin d’exemple de constance, il a justifié ses écrits sur le mépris de la mort par ses conten­ances joyeuses et propos d’exul­tation continués parmi les hoquets et derniers fumeaux :

 
Ainsi la mort le délivre
Plein de joie et nous d’ennui,
Lui rassasié de vivre
Et nous affamé de lui.

Agrippa D’AUBIGNÉ,
Petites Œuvres mêlées,
Genève, Pierre Auber, 1630, p. 175
[Gallica, N0070873_PDF_194]
(texte modernisé).

La mouche domestique et moi

nous ressemblons

 

L’abbé GOUJET, 1753
 

SIMON GOULART

La Religion est pareil­lement l’objet des Poésies de Simon Goulart, et de Roland Mangin de Marisy, tous deux ministres de la Religion prétendue Réformée. Du Verdier, dans sa Biblio­thèque, donne au premier un recueil de Sonnets Chrétiens accom­modés à la Musique d’Orlando Bony et Bertrand, à quatre parties. Le Père Nicéron cite de même, les Imitations Chrétiennes. XII Odes. Suite des Imitations Chrétiennes contenant 2 Livres de Sonnets. Le tout imprimé dès 1574 in-8° avec les Poèmes Chrétiens de B. de Montmeja. Le père Nicéron a oublié ses Quatrains tirés de Sénèque, son Censeur Chrétien, ses trois discours contre la Propha­nité, l’Athéisme, et l’incré­du­lité. Je ne répé­terai point ce que j’en ai dit dans un autre endroit, où j’ai suffi­samment détaillé ce dernier Recueil imprimé en 1608. J’ai aussi parlé de ses Notes sur Du Bartas, et quelques autres de nos Poètes. Goulart s’est exercé dans presque tous les genres d’écrire.

Il était de Senlis, où il naquit le 20 Octobre 1543. Attaché au Calvinisme, il fit ses études de Théologie à Genève, y fut fait Ministre le 20 Octobre 1566, et en exerça l’emploi pendant 66 ans dans la même Ville. Il y mourut le 3e de Février 1628 âgé de 85 ans, ayant toujours joui jusque-là d’une santé parfaite.

L’abbé GOUJET,
Bibliothèque française,
ou Histoire de la Littérature française,
tome XV, 1753, pp. 46-47
[Gallica, N0050658_PDF_102_103]
(texte modernisé).


De respirer je n’ai à peine le loisir
Pour les mots infinis

dont ma langue est féconde





Liens

Éléments biographiques

* À l’occasion de la parution chez Droz en 2013 des actes du colloque Simon Goulart qui s’est tenu à l’Uni­ver­sité de Genève en 2005, le journal Le Temps publie « Simon Goulart, pasteur endiablé » entretien du journa­liste Ph. Simon avec l’éditeur des actes, O. Pot.

Liens valides au 20/02/14.

Études en ligne

* On peut télé­charger au format PDF plusieurs études de Stéphanie Aubert Gillet consacrées à la poésie de Simon Goulart depuis une page de Calliope chrestienne, base de données consacrée aux poètes protestants ayant séjourné ou publié en Suisse entre 1530 et 1620, par exemple Les Imi­tations Chrestiennes de Simon Goulart : une réé­cri­ture réformée de l’Olive (1999).

Liens valides au 20/02/14.




 

En ligne le 25/06/06.
Dernière révision le 08/02/15.