Salomon CERTON (1552-v.1620)
Songe-creux Palinur’…

D

SOnge-creux Palinur’ quant cette forte envie
T’accablait sommeillant, il fallait à l’écart
Laissant ton gouvernail te retirer à part,
Et là ronfler ton soûl en assurant ta vie :

Et vivant tu aurais avec ta compagnie
Trouvé les marcassins sous le chênu feuillart,
Quand même il eût fallu sur le Latin rempart
Que l’âme t’eût été par l’ennemi ravie.

L’honneur t’en fût resté : Puis on eût eu le soin
À te faire inhumer, si les armes au poing,
Les Troyens t’eussent vu poursuivre la victoire,

Non, comme un gros taureau, tomber la tête en bas :
Va, je ne te plains point. Ne te fallait-il pas
Échapper en veillant la mort toute notoire ?

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D

SOnge-creux Palinur’ quant cette forte envie
T’accablait sommeillant, il fallait à l’écart
Laissant ton gouvernail te retirer à part,
Et là ronfler ton soûl en assurant ta vie :

Et vivant tu aurais avec ta compagnie
Trouvé les marcassins sous le chênu feuillart,
Quand même il eût fallu sur le Latin rempart
Que l’âme t’eût été par l’ennemi ravie.

L’honneur t’en fût resté : Puis on eût eu le soin
À te faire inhumer, si les armes au poing,
Les Troyens t’eussent vu poursuivre la victoire,

Non, comme un gros taureau, tomber la tête en bas :
Va, je ne te plains point. Ne te fallait-il pas
Échapper en veillant la mort toute notoire ?

 

En ligne le 16/12/13.
Dernière révision le 16/12/13.