Étienne DU TRONCHET (?-1585)
Tout seul, et en rêvant… (Canz., 35)
Lyon, P. Frellon et A. Cloquemin, 1595 (Paris, 1575).

 

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Du Tron­chet

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imi­ta­tion de
Solo et pensoso…

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TOut seul, et en rêvant au champ plus solitaire
Je mesure mes pas posés appesantifs,
Et fais que mes deux yeux de fuir attentifs
Font que vestige humain ne leur y soit contraire.

Trouver ne m’est possible autre meilleur repaire,
Pour fuir le soupçon du peuple conceptif,
Car en mes actions par plaisir sensitif
Ce que j’ai dans le cœur ma face ne peut taire.

Tellement que je crois qu’il n’est ni mont, ni plaine,
Ni fleuve ni forêt à qui ne soit certaine,
La trempe de ma vie recelée à autrui.

Mais chercher je ne puis ma vie si lointaine
Qu’amour ne m’y attrape et partout il me traîne,
Parlant toujours à moi, et moi toujours à lui.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

 

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1575 [1595]

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texte
ori­ginal



~#~

TOut seul, et en rêvant au champ plus solitaire
Je mesure mes pas posés appesantifs,
Et fais que mes deux yeux de fuir attentifs
Font que vestige humain ne leur y soit contraire.

Trouver ne mest possible autre meilleur repaire,
Pour fuir le soupçon du peuple conceptif,
Car en mes actions par plaisir sensitif
Ce que jai dans le cœur ma face ne peut taire.

Tellement que je crois quil nest ni mont, ni plaine,
Ni fleuve ni forêt à qui ne soit certaine,
La trempe de ma vie recelée à autrui.

Mais chercher je ne puis ma vie si lointaine
Quamour ne my attrape et partout il me traîne,
Parlant toujours à moi, et moi toujours à lui.

 

En ligne le 24/10/05,
versé dans l’anthologie principale le 11/11/23.
Dernière révision le 09/06/24.