Jean Antoine de BAÏF (1532-1589)
Solitaire et pensif…
Paris, André Wechel, 1555.

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Baïf

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imi­ta­tion de
Solo et pensoso…

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ouvrir sur Gallica : Second Livre, f° 63r°.

Solitaire et pensif par les lieux plus sauvages,
Où des hommes le train moins se montre à mes yeux,
Seul je vas dégorgeant mon travail ennuyeux,
Or dans les bois ombreux, or du long des rivages.

Là, seul je ramentois celle, qui en sa garde
A mon cœur mon fuitif, et rendre ne le veut,
Et, quand elle voudrait, qui rendre ne le peut,
Tant humaine la sent mon traître qu’elle garde.

Là, tout parle d’amour, et n’y a, ni ruisseau,
Ni bête, ni rocher, ni pré, ni arbrisseau,
Qui ne sente avec moi d’amour quelque étincelle.

Et je ne puis aller en déserts si lointains,
(Soit par les lieux plus bas, soit par les plus hautains)
Qu’à cet aveugle dieu tant soit peu je m’y cèle.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Solitaire et pensif par les lieux plus sauvages,
Où des hommes le train moins se montre à mes yeux,
Seul je vas dégorgeant mon travail ennuyeux,
Or dans les bois ombreux, or du long des rivages.

Là, seul je ramentois celle, qui en sa garde
A mon cœur mon fuitif, et rendre ne le veut,
Et, quand elle voudrait, qui rendre ne le peut,
Tant humaine la sent mon traître qu’elle garde.

Là, tout parle d’amour, et n’y a, ni ruisseau,
Ni bête, ni rocher, ni pré, ni arbrisseau,
Qui ne sente avec moi d’amour quelque étincelle.

Et je ne puis aller en déserts si lointains,
(Soit par les lieux plus bas, soit par les plus hautains)
Qu’à cet aveugle dieu tant soit peu je m’y cèle.

 

En ligne le 24/10/05,
versé dans l’anthologie principale le 11/11/23.
Dernière révision le 11/11/23.