Marc Papillon de LASPHRISE (1555-1599)
Heureux qui est muet…
Paris, Jean Gesselin, 1597.

HEureux qui est muet, ensemble aveugle et sourd,
Pour ne dire, ne voir, ni nullement entendre

La fraude, et trahison, l’orgueil qu’on voit épandre
Du conseil, de la guerre, et du divers Amour.

La bouche, l’œil, l’oreille (intime Ami du bour)
Ne médit, ne s’égare, et ne se peut méprendre,
Ni ne craint le babil, l’aspect noir, l’ouïr tendre
Des femmes, des jaloux, des conteurs de la Cour.

Le plaisir, la lueur, le mal-plaisant vacarme,
Ne l’émeut, ne l’engarde, et ne trouble son âme,
Il n’est jamais menteur, traître ni soupçonneux.

Il ne dit, n’aperçoit, ni n’oit rien qui l’ennuie,
Muet, aveugle, et sourd, sa bouche, l’œil, l’ouïe,
Ne saurait l’empêcher du plaisir Amoureux.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

HEureux qui est muet, ensemble aveugle et sourd,
Pour ne dire, ne voir, ni nullement entendre

La fraude, et trahison, l’orgueil qu’on voit épandre
Du conseil, de la guerre, et du divers Amour.

La bouche, l’œil, l’oreille (intime Ami du bour)
Ne médit, ne s’égare, et ne se peut méprendre,
Ni ne craint le babil, l’aspect noir, l’ouïr tendre
Des femmes, des jaloux, des conteurs de la Cour.

Le plaisir, la lueur, le mal-plaisant vacarme,
Ne l’émeut, ne l’engarde, et ne trouble son âme,
Il n’est jamais menteur, traître ni soupçonneux.

Il ne dit, n’aperçoit, ni n’oit rien qui l’ennuie,
Muet, aveugle, et sourd, sa bouche, l’œil, l’ouïe,
Ne saurait l’empêcher du plaisir Amoureux.

 

En ligne le 28/08/06.
Dernière révision le 08/08/16.