Francesco PETRARCA (1304-1374)
Lyon, Jean de Tournes, 1545, p. 152 [←Gallica].

Lieti fiori, e felici, e ben nate herbe,
Che Madonna passando premer suole
Piaggia, chascolti sue dolci parole,
E del bel piede alcun vestigio serbe,

Schietti arboscelli, e verdi fronde acerbe,
Amorosette, e pallide viole,
Ombrose selue, oue percote il Sole,
Che vi fà co suoi raggi alte, e superbe,

Ò soaue contrada, ò puro fiume,
Che bagnil suo bel viso, e gliocchi chiari,
E prendi qualita dal viuo lume,

Quanto vinuidio glìatti honesti, e cari:
Non fia in voi scoglio homai, che per costume
Darder con la mia fiamma non impari.

Les Œuvres poétiques, IV, Artémis,
Paris, Mamert Patisson, 1575, ff. 148v°-149r° [←Gallica].

Fleurs, campagnes et prés que vous êtes heureux
De jouir des regards de ma douce inhumaine,
Et de garder ses pas comme elle se promène,
Et douïr de sa voix les accents doucereux !

Arbres et vous Lauriers de son nid valeureux,
Que vous portez la tête en orgueil plus hautaine
Depuis quun tel Soleil de ses rais vous assène,
Coteaux combien par lui vous êtes plantureux !

Doux pays, clairs ruisseaux, où sa beauté se mire,
Qui prenez qualité de son teint que jadmire :
Y a-t-il entre vous un rocher si pourvu

Dinsensible durté, qui la voyant si belle
En ses veines ne sente une ardeur immortelle ?
, qui pourrait brûler aux rais dun plus beau feu ?

Gramont, Joyeuses fleurs… (1842)   ↓   ↑   ⇑  →t.o.
Poésies de Pétrarque, « Du vivant de Laure »,
Paris, Paul Masgana, 1842, sonnet CXXIX, p. 118 [←Gallica].

il envie tout ce qui existe où habite sa dame.

Joyeuses fleurs, herbes heu­reuses et bien nées, que Ma­dame en pas­sant a cou­tume de fou­ler ; plaine qui écoutes ses douces pa­roles, et qui gardes quelque em­preinte de ses beaux pieds ;

Simples arbris­seaux ; feuil­lages verts et frais ; amou­reuses et pâles vio­lettes ; om­breuses forêts, où vient frap­per le Soleil dont les rayons font mon­ter dans les airs vos fronts su­perbes ;

Ô suaves con­trées ; ô fleuve lim­pide et pur qui baignes son beau vi­sage et ses yeux sans nuage dont la vive lu­mière donne ce prix à tes ondes ;

Combien je vous envie l’aspect de ses actions hon­nêtes et ché­ries ! Ja­mais il n’y aura par­mi vous d’écueil assez habi­tué au feu pour n’avoir rien à apprendre de ma flamme.

























o→
Les Œuvres poétiques, IV, Artémis,
Paris, Mamert Patisson, 1575, ff. 148v°-149r° [←Gallica].

Fleurs, campagnes et prés que vous êtes heureux
De jouir des regards de ma douce inhumaine,
Et de garder ses pas comme elle se promène,
Et douïr de sa voix les accents doucereux !

Arbres et vous Lauriers de son nid valeureux,
Que vous portez la tête en orgueil plus hautaine
Depuis quun tel Soleil de ses rais vous assène,
Coteaux combien par lui vous êtes plantureux !

Doux pays, clairs ruisseaux, où sa beauté se mire,
Qui prenez qualité de son teint que jadmire :
Y a-t-il entre vous un rocher si pourvu

Dinsensible durté, qui la voyant si belle
En ses veines ne sente une ardeur immortelle ?
, qui pourrait brûler aux rais dun plus beau feu ?

Gramont, Joyeuses fleurs… (1842)   ↓   ↑   ⇑  o
Poésies de Pétrarque, « Du vivant de Laure »,
Paris, Paul Masgana, 1842, sonnet CXXIX, p. 118 [←Gallica].

il envie tout ce qui existe où habite sa dame.

Joyeuses fleurs, herbes heu­reuses et bien nées, que Ma­dame en pas­sant a cou­tume de fou­ler ; plaine qui écoutes ses douces pa­roles, et qui gardes quelque em­preinte de ses beaux pieds ;

Simples arbris­seaux ; feuil­lages verts et frais ; amou­reuses et pâles vio­lettes ; om­breuses forêts, où vient frap­per le Soleil dont les rayons font mon­ter dans les airs vos fronts su­perbes ;

Ô suaves con­trées ; ô fleuve lim­pide et pur qui baignes son beau vi­sage et ses yeux sans nuage dont la vive lu­mière donne ce prix à tes ondes ;

Combien je vous envie l’aspect de ses actions hon­nêtes et ché­ries ! Ja­mais il n’y aura par­mi vous d’écueil assez habi­tué au feu pour n’avoir rien à apprendre de ma flamme.

























textes modernisés
[R]

 

En ligne le 10/02/26.
Dernière révision le 10/02/26.