Francesco PETRARCA (1304-1374)
Venise, Vindelinus de Spira, 1470, f° 67v° [←Gallica].

LIeti fiori & felici & ben nate herbe

che madonna pensando premer sole
piaggia chascolti suo dolci parole
& del bel piede alchun uestigio serbe
schietti arbuscegli é uerdi frondi acerbe
amorosette & pallide uiole
ombrose selue oue percoteil sole
che uifa cho suo raggi alte & superbe

O soaue contrada o puro fiume
che bagni il suo bel uiso & gliocchi chiari
& prendi qualita dal uiuo lume
quanto uinuidio gliacti honesti & cari
non fia in uoi scoglio omai che per costume
darder chola mia fiamma non in pari

Les Œuvres poétiques, IV, Artémis,
Paris, Mamert Patisson, 1575, ff. 148v°-149r° [←Gallica].

Fleurs, campagnes & prez que vous estes heureux
De iouïr des regards de ma douce inhumaine,
Et de garder ses pas comme elle se promeine,
Et douïr de sa voix les accens doucereux!

Arbres & vous Lauriers de son nid valeureux,
Que vous portez la teste en orgueil plus hautaine
Depuis quvn tel Soleil de ses rais vous asseine,
Coutaux combien par luy vous estes plantureux !

Doux païs, clairs ruisseaux, où sa beauté se mire,
Qui prenez qualité de son teint que iadmire:
Y a-til entre vous vn rocher si pourueu

Dinsensible durté, qui la voyant si belle
En ses veines ne sente vne ardeur immortelle?
, qui pourroit bruler aux rais dvn plus beau feu?

Gramont, Joyeuses fleurs… (1842)   ↓   ↑   ⇑  →t.m.
Poésies de Pétrarque, « Du vivant de Laure »,
Paris, Paul Masgana, 1842, sonnet CXXIX, p. 118 [←Gallica].

il envie tout ce qui existe où habite sa dame.

Joyeuses fleurs, herbes heu­reuses et bien nées, que Ma­dame en pas­sant a cou­tume de fou­ler ; plaine qui écoutes ses douces pa­roles, et qui gardes quelque em­preinte de ses beaux pieds ;

Simples arbris­seaux ; feuil­lages verts et frais ; amou­reuses et pâles vio­lettes ; om­breuses forêts, où vient frap­per le Soleil dont les rayons font mon­ter dans les airs vos fronts su­perbes ;

Ô suaves con­trées ; ô fleuve lim­pide et pur qui baignes son beau vi­sage et ses yeux sans nuage dont la vive lu­mière donne ce prix à tes ondes ;

Combien je vous envie l’aspect de ses actions hon­nêtes et ché­ries ! Ja­mais il n’y aura par­mi vous d’écueil assez habi­tué au feu pour n’avoir rien à apprendre de ma flamme.

























o→
Les Œuvres poétiques, IV, Artémis,
Paris, Mamert Patisson, 1575, ff. 148v°-149r° [←Gallica].

Fleurs, campagnes & prez que vous estes heureux
De iouïr des regards de ma douce inhumaine,
Et de garder ses pas comme elle se promeine,
Et douïr de sa voix les accens doucereux!

Arbres & vous Lauriers de son nid valeureux,
Que vous portez la teste en orgueil plus hautaine
Depuis quvn tel Soleil de ses rais vous asseine,
Coutaux combien par luy vous estes plantureux !

Doux païs, clairs ruisseaux, où sa beauté se mire,
Qui prenez qualité de son teint que iadmire:
Y a-til entre vous vn rocher si pourueu

Dinsensible durté, qui la voyant si belle
En ses veines ne sente vne ardeur immortelle?
, qui pourroit bruler aux rais dvn plus beau feu?

Gramont, Joyeuses fleurs… (1842)   ↓   ↑   ⇑ o
Poésies de Pétrarque, « Du vivant de Laure »,
Paris, Paul Masgana, 1842, sonnet CXXIX, p. 118 [←Gallica].

il envie tout ce qui existe où habite sa dame.

Joyeuses fleurs, herbes heu­reuses et bien nées, que Ma­dame en pas­sant a cou­tume de fou­ler ; plaine qui écoutes ses douces pa­roles, et qui gardes quelque em­preinte de ses beaux pieds ;

Simples arbris­seaux ; feuil­lages verts et frais ; amou­reuses et pâles vio­lettes ; om­breuses forêts, où vient frap­per le Soleil dont les rayons font mon­ter dans les airs vos fronts su­perbes ;

Ô suaves con­trées ; ô fleuve lim­pide et pur qui baignes son beau vi­sage et ses yeux sans nuage dont la vive lu­mière donne ce prix à tes ondes ;

Combien je vous envie l’aspect de ses actions hon­nêtes et ché­ries ! Ja­mais il n’y aura par­mi vous d’écueil assez habi­tué au feu pour n’avoir rien à apprendre de ma flamme.

























textes originaux
[R]

 

En ligne le 10/02/26.
Dernière révision le 10/02/26.