Philippe de MALDEGHEM (1547-1611)
J’ai mille fois le cœur… (Canz., 21)
Douai, François Fabry, 1606.

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textes de
Malde­ghem

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imi­ta­tion de
Mille fiate…

 

I’ay mille fois le coeur te presenté pour grace
(O ma douce guerriere) & ma paix obtenir,
Auecque tes beaux yeux, mais à toy conuenir
Il ne semble, si bas que ton fier oeil, s’attache.

Et si (peut estre) en luy dame autre espere place,
Elle ne fait qu’en vain d’espoir s’entretenir:
Il ne peut comme ia mien estre à l’aduenir,
Car ce qui ne te plait, celá aussi me fache.

Si ie le chasse, & qu’il ne trouue aucun secours
A toy en son exil, ny scait estre tousiours
Seul, ny se transporter ou quelque autre le mande,

Sa nature pourroit faillir du chemin droit,
Dont trop de coulpe à toy & à moy on donroit,
Et plus à toy vers qui il porte amour si grande.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

I’ay mille fois le coeur te preſenté pour grace
(O ma douce guerriere) & ma paix obtenir,
Auecque tes beaux yeux, mais à toy conuenir
Il ne ſemble, ſi bas que ton fier oeil, s’attache.

Et ſi (peut eſtre) en luy dame autre eſpere place,
Elle ne fait qu’en vain d’eſpoir s’entretenir:
Il ne peut comme ia mien eſtre à l’aduenir,
Car ce qui ne te plait, celá außi me fache.

Si ie le chaſſe, & qu’il ne trouue aucun ſecours
A toy en ſon exil, ny ſcait eſtre touſiours
Seul, ny ſe tranſporter ou quelque autre le mande,

Sa nature pourroit faillir du chemin droit,
Dont trop de coulpe à toy & à moy on donroit,
Et plus à toy vers qui il porte amour ſi grande.

 

En ligne le 24/05/06,
versé dans l’anthologie principale le 06/10/26.
Dernière révision le 06/10/26.