Claude de PONTOUX
(v. 1540-av. 1579)
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N’est-il pas mieux séant

d’un cagnard margeollet

Voir en casaque rouge un vaillant Argollet

Que de rester oisif au profond d’une ville

Sardanapalisant l’amour de quelque fille ?


 


L’abbé GOUJET, 1748
 

CLAUDE DE PONTOUX.

Claude de Pontoux qui féli­ci­tait, sans doute, trop légè­re­ment son ami Tur­rin d’avoir trou­vé une par­faite Amie[1], était de Cha­lon en Bour­gogne, né d’une famille noble.

Mon doux pays, Chalon ma belle Ville,

dit-il dans un de ses Sonnets,

Et penses-tu que je te veuille ôter
L’honneur qu’un jour je te dois apporter ?

Il a ren­fermé presque toute l’his­toire de sa vie dans cet autre Sonnet.

Bourgogne, France, et l’Amour et la Muse
Me fit, me tint, me ravit, m’amusa,
Petit, grandet, jouvenceau, puis usa
Mes plus beaux ans auprès d’une Méduse

Jà quelque peu de doctrine confuse
Ornait mon chef, quand l’Amour s’opposa
Devant mes yeux, et par eux embrasa
Mon pauvre cœur, qui dedans le feu s’use.

France me prit encor plein de vergogne
Entre le sein de ma mère Bourgogne,
Puis me sevrant, me montre à l’Univers.

Amour me vit d’un trop libre courage,
Me prit, et puis me mettant en servage,
M’apprit la Danse et la Muse des vers.

Il ne faut qu’un court Com­men­taire pour expli­quer ce Son­net, et sup­plé­er à ce qu’il ne dit pas. Pontoux dis­tingue la Bour­gogne de la France, appa­rem­ment parce que la pre­mière a eu long­temps des Maîtres par­ti­cu­liers. Il fut envoyé pour faire ses études dans quel­que Uni­ver­si­té de France, peut-être à Paris où il est cer­tain qu’il a fait quelque séjour. Il fit de grands pro­grès dans les Huma­ni­tés et dans la langue Grecque, et se tour­na ensuite du côté de la Méde­cine. Il se fit même rece­voir Doc­teur en cette facul­té : mais ses ouvrages témoignent qu’il exer­ça peu cette pro­fes­sion. Les guerres civiles l’ayant obli­gé de se reti­rer à Dole en Franche-Comté, il y connut une Demoi­selle qu’il aima, et dont il se for­ma une idée si avan­ta­geuse, qu’il la nom­ma par excel­lence l’Idée. Ce fur pour elle qu’il com­po­sa la plus grande par­tie de ses poé­sies, où il se plaint presque tou­jours des rigueurs de sa maî­tresse.

Le voyage qu’il fit en Ita­lie ne dimi­nua presque rien de la force de sa pas­sion. Il avoue cependant qu’il y fit de nou­velles amours, et qu’il y trou­va moins de contra­dic­tion. Mais son Idée était tou­jours pré­sente à son esprit. Ces nou­velles amours l’amu­saient, la pre­mière pas­sion l’occu­pait. Il l’entre­tint par cette mul­ti­tude de Son­nets, d’Odes, de Chan­sons, et autres petites pièces qui cou­laient de sa plume avec rapi­di­té, qu’il lisait ou qu’il en­voyait à ses amis, et dont il fit une par­tie à Rome, à Padoue, à Venise, et dans les autres villes d’Ita­lie que l’ennui plus que la curio­si­té l’enga­geait de par­cou­rir. Plu­sieurs des Son­nets sont en Ita­lien, et prouvent que l’Au­teur avait bien appris cette langue.

[…] 

L’abbé GOUJET,
Biblio­thèque fran­çaise,
ou Histoire de la Litté­ra­ture fran­çaise,
tome XII, 1748, pp. 322-325
[Gallica, NUMM-50655, PDF_325_328].


________

Notes

[1] La « vie » de Pontoux succède dans la Biblio­thèque de l’abbé Goujet à celle de Claude Turrin, dans laquelle est trans­crit un sonnet de Pontoux sur son séjour en Ita­lie. 




En ligne le 17/09/05.

Dernière révision le 27/11/19.