Claude de PONTOUX
(v.1540-av.1579)
Premier poème en ligne :
1585 : Tant puissante est l'ardeur…
 
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N’est-il pas mieux séant d’un cagnard margeollet
Voir en casaque rouge un vaillant Argollet
Que de rester oisif au profond d’une ville
Sardanapalisant l’amour de quelque fille ?


 


L’abbé GOUJET, 1748
 

CLAUDE DE PONTOUX.

Claude de Pontoux qui féli­citait, sans doute, trop légè­rement son ami Turrin d’avoir trouvé une parfaite Amie [1], était de Chalon en Bourgogne, né d’une famille noble.

Mon doux pays, Chalon ma belle Ville,

dit-il dans un de ses Sonnets,

Et penses-tu que je te veuille ôter
L’honneur qu’un jour je te dois apporter ?

Il a renfermé presque toute l’histoire de sa vie dans cet autre Sonnet.

Bourgogne, France, et l’Amour et la Muse
Me fit, me tint, me ravit, m’amusa,
Petit, grandet, jouvenceau, puis usa
Mes plus beaux ans auprès d’une Méduse

Jà quelque peu de doctrine confuse
Ornait mon chef, quand l’Amour s’opposa
Devant mes yeux, et par eux embrasa
Mon pauvre cœur, qui dedans le feu s’use.

France me prit encor plein de vergogne
Entre le sein de ma mère Bourgogne,
Puis me sevrant, me montre à l’Univers.

Amour me vit d’un trop libre courage,
Me prit, et puis me mettant en servage,
M’apprit la Danse et la Muse des vers.

Il ne faut qu’un court Commentaire pour expliquer ce Sonnet, et suppléer à ce qu’il ne dit pas. Pontoux distingue la Bourgogne de la France, appa­remment parce que la première a eu longtemps des Maîtres parti­culiers. Il fut envoyé pour faire ses études dans quelque Univer­sité de France, peut-être à Paris où il est certain qu’il a fait quelque séjour. Il fit de grands progrès dans les Human­ités et dans la langue Grecque, et se tourna ensuite du côté de la Médecine. Il se fit même recevoir Docteur en cette faculté : mais ses ouvrages témoignent qu’il exerça peu cette profession. Les guerres civiles l’ayant obligé de se retirer à Dole en Franche-Comté, il y connut une Demoiselle qu’il aima, et dont il se forma une idée si avan­tageuse, qu’il la nomma par excellence l’Idée. Ce fur pour elle qu’il composa la plus grande partie de ses poésies, où il se plaint presque toujours des rigueurs de sa maîtresse.

[…]

L’abbé GOUJET,
Bibliothèque française,
ou Histoire de la Littérature française,
tome XII, 1748, pp. 322-324
[Gallica, N0050655_PDF_325_327].


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Notes

[1] La "vie" de Pontoux succède dans la Bibliothèque de l’abbé Goujet à celle de Claude Turrin, dans laquelle est transcrit un sonnet de Pontoux sur son séjour en Italie. 




En ligne le 17/09/05.

Dernière révision le 23/12/09.