Clément DESAURS
(?-?)
Dernier poème en ligne :
1589 : Bel est le bois…

Main mille fois plus blanche

qu’hellébore,

Douce-glissant

comme du lait caillé

 


 

De Clément Desaurs on ne sait presque rien. Le seul volume connu de L’Eraton, passé en vente publique en 2004, a été préempté par la BnF. Il a été mis en ligne sur Gallica le 15 mai 2017.



 
Guillaume COLLETET

(1598-1659)

 

CLÉMENT DE SAURS

Né à Gaillac, en Guyenne.

Son recueil de poésies contient des sonnets, des odes, des élé­gies et plusieurs autres poèmes amou­reux qu’il compo­sa pour une dame qu’il aimait et qu’il appelle Jeanne. Et en cela son inten­tion était de l’éter­ni­ser à l’égal des Cassandre et des Diane de Ronsard et de Desportes. Mais certes il en fut bien éloi­gné puisque le nom de sa maîtresse et le sien même sont morts éter­nel­le­ment avec son livre, si ce n’est par hasard qu’il ressus­citent dans le mien. Mais comme je suis en posses­sion de rappor­ter toujours ici quelque chose de nos poètes dont je parle, voici le premier des sonnets amou­reux de celui-ci :

Qui voudra voir, exempt de sa rigueur,
Quel est l’amour, quelles sont ses flamesches,
Quel est son arc et quelles sont ses flesches,
Qu’il vienne voir l’enfer de ma langueur.

Qui voudra voir sous les pieds d’un vainqueur
Un flanc percé de mille et mille bresches,
Et comme encore un chaut désir desseche
D’un pauvre amant et le sang et le cœur ;

Vienne vers moy, et comtemplant la cendre
De la raison d’une jeunesse tendre,
Pleure mon sort et blâme ce pervers.

Il verra lors son trophée et sa gloire
Pendus à l’œil qui causa sa victoire
Et la fureur des assauts dans mes vers.[a]

C’est une chose étrange que le premier sonnet de Ronsard, qui commence ainsi :

Qui voudra voir comme amour me surmonte, etc

ait fait tant de mauvais singes ! Vous diriez que la plupart de ceux de son temps, et après son temps même, n’eussent su par où débuter leurs sonnets amou­reux s’ils n’eussent eu celui-là pour règle et pour modèle[b]. Mais, ô misé­rables copies, que vous êtes aussi éloi­gnées du mérite de cet ori­gi­nal qu’un simple grotesque commen­cé est éloi­gné des portraits ache­vés de Michel-Ange !

(Bibl. du Louvre, Colletet,
Hist. des poètes français, t. VI.)

Achille de ROCHAMBEAU,
La famille de Ronsart,
chapitre V, Pierre de Ronsard, ses juges et ses imita­teurs,
Paris, Librairie A. Franck, 1868, pp. 255-256
[gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k27819p, PDF_259_260]
(texte modernisé).



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Notes
 

[a] Graphie et ponctua­tion de  Colle­tet (ou de Rocham­beau) sont assez éloi­gnées de celles de l’édi­tion ori­gi­nale.


[b] Colletet semble ignorer que le modèle de Ronsard lui-même est le sonnet de Pétrarque, « Chi vuol veder… » (Canzoniere, 248), qui figure parmi les six sonnets de Pétrarque traduits et publiés par Clément Marot vers 1539.




Liens
 

* On peut lire la description du volume de L’Eraton de C. Desaurs sur une page du site de la maison de vente où il fut mis aux enchères.

Liens valides au 24/06/18.


 


En ligne le 22/05/17.
Dernière révision le 24/06/18.