Roland BRISSET
(1560-1643?)
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1590 : Moi, méchant, que je touche…
 
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Plein de mes trois enfants

qui ont sans funérailles

Leur sépulture prise

en mes propres entrailles

 

 
L’abbé GOUJET, 1752
 

ROLAND BRISSET.

Roland Brisset, Sieur du Sauvage, nous a laissé plus de vers que Tabourot [1], sans nous donner plus de poésies. Ce Poète était gentil­homme, du moins il en prend le titre. Il naquit à Tours, fit ses études à Paris, et s’y fit passer Avocat. […] Je ne connais de lui que des pièces Drama­tiques. J’en ai vu cinq, imprimées à Tours en 1590 in-4° : Hercule furieux, Thyeste, Aga­memnon, Octavie, et Baptiste. Les quatre premières sont imitées et souvent traduites de Sénèque : la cinquième qui est la mort de Saint Jean-Baptiste, n’est guère qu’une traduction des vers Latins de Buchanan. Le sixième poème, dont j’ai vu deux éditions, l’une en 1591 à Tours, l’autre à Paris en 1595, est une Pasto­rale, inti­tulée la Diéromène, ou le Repentir d’Amour, traduite de l’Italien de Louis Grotto, surnommé l’Aveugle d’Adria. […]

Brisset, quoiqu’affec­tionné à la poésie Drama­tique, soit par goût personnel, soit, comme il le dit, par l’habi­tude qu’il avait prise avec nos guerres civiles au milieu desquelles il était né, ne se pressa pas cependant de se produire au grand jour. Plein, dès sa jeunesse, de la lecture de nos anciens Tragiques Grecs et Latins, auxquels il joignit la lecture des modernes, il est vrai qu’il s’essaya dans le même genre, plus en imitant et en traduisant, qu’en inventant ; mais d’abord il ne fit part de ses pièces qu’à ses amis. La Croix-Du-Maine qui en eut quelque commu­ni­cation, en cite plusieurs dans sa Biblio­thèque Française imprimée en 1584 [2]. C’était à en croire Brisset, une espèce de secret qu’il révélait. À peine fut-il découvert que la plupart des amis de l’Auteur le pressèrent de rendre publics ces siens premiers essais. Ces solli­ci­tations étaient flatteuses ; un père d’ailleurs a toujours quelque peine de renfermer ses enfants.

Brisset cependant ne se rendit pas encore ; les troubles dont la France était agitée, lui paraissaient peu propres à se montrer sous un titre dont on ne le soupçonnait pas encore revêtu. Une occasion, qu’il crut plus favo­rable, se présenta enfin.

Henri III peu en sûreté dans sa Capi­tale, fut obligé de se retirer à Tours ; il y appela auprès de lui le Parlement de Paris, et la Chambre des Comptes. Brisset devenu plus hardi par la faci­lité qu’il avait de se présenter devant son Souverain, fit imprimer ses cinq Tragédies, qui étaient les prémices de ses labeurs, réservant, dit-il, à un autre temps, ce qui était né avec un âge plus mûr.

[…]

L’abbé GOUJET,
Bibliothèque française,
ou Histoire de la Littérature française,
tome XIII, 1752, pp. 372-374
[Gallica, N0050656_PDF_398_400]
(texte modernisé).


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Notes

[1] La "vie" de Roland Brisset succède à celle d’Étienne Tabourot dans la Bibliothèque de l’abbé Goujet.


[2] « Roland Brisset, Avocat au Parlement de Paris. Il a écrit plusieurs Tragédies Françaises, et entre autres celles-ci : Thyeste, Andro­maque et Baptiste. Je les ai vues écrites à la main. Il fleurit cette année 1584. » La Croix Du Maine, La Bibliothèque, 1584, p. 449, [Gallica, N0125590_PDF_495].





Et pourquoi maintenant les Astres argentés
Au milieu de leur cours se sont-ils arrêtés ?
Fuyons, allons-nous-en,

rendons le jour au monde.

 

En ligne le 28/06/12.
Dernière révision le 01/07/12.