Traductions et imitations de
Si travïato...
Le Préambule des innombrables
««« Canzoniere»»»































Textes originaux


TRADUCTIONS
IMITATIONS
1548, Philieul, traduction.
1575, Du Tronchet, traduction.
1600, Maldeghem, traduction.


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Canzoniere, 6 : Si travïato è ’l folle mi’ desio...
1555 (1548) - Vasquin PHILIEUL, Toutes les Œuvres vul­gaires de Pétrarque, livre I, sonnet 28, p. 28, traduction.
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[««« Philieul »»»]

    Tant desuoyé est mon desir sans faincte
A poursuyuir ceste dame fuyante,
Qui estant franche, & plus qu’amour puissante,
Vole deuant mon cours tardif de crainte:
    Que plus ie ueulx le retirer par mainte
Bonne raison, moins m’obehir se uante,
Ne pour le uaincre ay uertu suffisante,
Qu’amour y faict resistence contraincte.
    Or ueu qu’il peut le frein par force prendre,
Ie suis à luy & mon esprit s’y rend
Que maulgré moy mort m’en conuient attendre:
    Seul pour venir au Laurier, d’où l’on prend
Vn aigre fruict qui à l’autruy mal porte
Au goust d’angoisse à plus qu’il ne conforte.
»» texte modernisé ««« ~#~ »»»
ARGUMENT selon Philieul : N’espère aucun frap­pé d’amour ses maux con­so­ler avec livres trai­tant telles ma­tières, car ce ne fait que croître ses an­goisses.









Canzoniere, 6 : Si travïato è ’l folle mi’ desio...
1595 (1575) - Étienne DU TRONCHET, Lettres amoureuses, avec 70 sonnets de Pétrarque, sonnet 6, p. 228, traduction.
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[««« Du Tronchet »»»]

    TAnt se trouue égaré mon fol desir actif
A la suiure fuyant deuant moy de vitesse,
Libre des lacs d’amour & de foi la maistresse
Vollant deuant mon cours legerement tardif:
    Que plus ie le retiens en mon cœur attentif,
Et plus il se destourne ou moins il veoit de presse.
Peu me sert l’esperon, la volte, ny l’adresse,
Amour l’a fait ainsi de nature retif.
    Or apres si le frein par force ie retiens
Aucunement par là en arrest le maintiens,
Mais malgré moy alors à mort il me transporte.
    Seulement pour venir au laurier ou s’essaye
Le fruict aigre, goustant lequel, d’autruy la playe
S’empire plus souuent qu’elle ne se conforte.
»» texte modernisé ««« ~#~ »»»








Canzoniere, 6 : Si travïato è ’l folle mi’ desio...
1606 (1600) - Philippe de MALDEGHEM, Le Pétrarque en rime française, sonnet 6, p. 26, traduction.
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[««« Maldeghem »»»]

    Si fort est deuoié mon peu sage desir
A suiure celle la qui de moy prend la fuite:
Et qui des rets d’amour libre, legere & vite
S’en vole, & se derobe à mon tardif courrir.
    Que plus que ie l’appelle, & moins il veut ouïr,
Ny choisir seur chemin auquel tant ie l’inuite,
Le tourner ne me vaut, l’esperon moins profite,
Par sa nature Amour le fait desobeir.
    Et puis que prendre aux dents son dur mors il s’obstine
Seigneurie de luy sous la loy ie chemine
A la mort, qui tout droit m’emporte maugré moy.
    Et ce tant seulement pour le laurier attaindre,
Dont se cueillit sur fruit, lequel au lieu d’estaindre
Le mal de son gousteur, apporte plus d’esmoy.
»» texte modernisé ««« ~#~ »»»
COMMENTAIRE DE MALDEGHEM : L’homme a l’appé­tit des sens com­mun aux bêtes & la rai­son & l’en­ten­de­ment aux anges et à Dieu. Dont se plaint le Poète que son appé­tit sen­suel est tant hors du che­min de la rai­son à suivre M[adame] L[aure] qu’il ne lui vaut rien l’appe­ler en der­rière* avec la rai­son, tel­le­ment qu’il le com­pare à un che­val opi­niâtre et re­belle, qui em­porte son maître, & ce tout pour par­ve­nir au Lau­rier, en­ten­dant M. L.** du­quel lau­rier se cueil­lit sûr & aigre fruit, qui aug­mente le mal de celui qu’en goûte au lieu de lui don­ner re­mède.
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  * en derrière : en arrière.
** le laurier peut s’en­tendre aussi comme le lau­rier du poète lau­réat (cf. argu­ment de Phi­lieul supra).