Guillaume de LA TAYSSONNIÈRE
(v. 1530-v. 1585)
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L’abbé GOUJET, 1752
 

GUILLAUME DE CHANEIN
DE LA TAYSSONNIÈRE.

Guillaume De Chanein, plus connu sous le nom de La Tays­son­nière, fut un Poète beau­coup plus fé­cond que Ro­bert Estienne[1]. C’était un Gen­til­homme, né dans la Prin­ci­pau­té de Dombes, et Sei­gneur de la Tour des Moles dans le Mâ­con­nais. Il pa­raît qu’il sui­vit le par­ti des armes ; et il parle en plu­sieurs endroits de ses poé­sies, du ser­vice qu’il fai­sait à son Roi. La pro­fes­sion des Armes ne l’em­pê­cha pas de culti­ver l’étude, même celle des sciences. Du Ver­dier, qui cite de lui un grand nombre d’ou­vrages, impri­més et ma­nus­crits, tant en prose qu’en vers, en cite plu­sieurs en prose sur l’Ari­thmé­tique, sur le Calen­drier, l’As­tro­no­mie, la Géo­man­cie, l’His­toire natu­relle ; des Éphé­mé­rides, et quel­ques tra­duc­tions Fran­çaises d’ou­vrages Ita­liens.

Selon le même Biblio­thé­caire, La Tays­son­nière a com­po­sé en vers, ses Amou­reuses occu­pa­tions : des frag­ments poé­tiques, conte­nant 17 Son­nets ; la Ci­gale ; élé­gie sur la mi­sère de sa vie ; Chant res­pon­sif à celui de Phi­dias ; Fan­tai­sie sur un por­trait ; Gaie­té : La Sour­dine Royale, poème son­nant le Bou­te­selle, l’à Che­val, et à l’Éten­dard, à la no­blesse Catho­lique de France pour le se­cours du Roi Charles IX : Idyl­lie de la mo­deste et ver­tueuse ami­tié d’un gen­til­homme non cour­ti­san envers sa maî­tresse : Pas­sions amou­reuses chan­tées à la beau­té et bonne grâce d’une Demoi­selle de Savoie, nom­mée Anne de Bel­le­garde : des Avis pour l’édu­ca­tion d’une fille de condi­tion, sous le titre sin­gu­lier d’Atti­fet des Damoi­selles : une Pas­to­rale, inti­tu­lée les Amours de Mel­lin et Uro­tine, en prose et en vers, tirée du pre­mier livre de la Dame de Mon­te­mayor : et un poème de mille vers, inti­tu­lé le Bâtiment. Ces deux der­niers écrits n’étaient point impri­més lorsque Du Ver­dier don­na sa Biblio­thèque, et je ne crois pas qu’ils l’aient été depuis.

La Croix-du-Maine qui ne rap­porte qu’une par­tie de cette liste, dit que La Tays­son­nière avait pro­mis un livre de la Chasse de toute sorte d’Ani­maux ; et ajoute, que l’Au­teur vi­vait sous Charles IX en 1570. Le der­nier de ses ouvrages en prose montre qu’il vi­vait encore, au moins en 1578.

De tant de poé­sies de La Tays­son­nière, dont je viens de faire l’énu­mé­ra­tion, je n’ai vu que ses Amou­reuses occu­pa­tions, impri­mées dès 1556 à Lyon par Guil­laume Roüille in-8°. Le titre en in­dique le sujet : l’Au­teur était jeune et amou­reux quand il co­mpo­sa ces vers, et l’on n’a pas de peine à recon­naître l’un et l’autre en le li­sant. Il en fait d’ail­leurs l’aveu dans le der­nier Son­net qu’il adresse au Lec­teur :

Mes jeunes ans, ô lecteur, encor verds
M’ont fait pousser sur ma Lyre ces chants :
Et mes esprits en grand’ardeur seichants,
En ont tissu et inventé les vers…
Ce sont les traits d’Amour non rebouchants
Qui m’ont ainsi mis le sens de travers.

C’est sa Di­vine en effet, c’est-à-dire, sa Maî­tresse qu’il chante dans la plus grande par­tie de ses vers. […] [R]

L’abbé GOUJET,
Biblio­thèque fran­çaise,
ou Histoire de la Litté­ra­ture fran­çaise,
tome XIII, 1752, pp. 251-254
[Gallica, NUMM-50656, PDF_277_280]
(texte modernisé).


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Notes

[1] La « vie » de La Tays­son­nière suc­cède dans la Biblio­thèque de l’abbé Goujet à celle de Ro­bert Estienne.






Liens

Études en ligne

* On trouve sur Persee, por­tail de publi­ca­tion élec­tro­nique de re­vues scien­ti­fiques en sciences hu­maines et so­ciales, deux comptes ren­dus pu­bliés dans la revue Ré­forme, Hu­ma­nisme, Renais­sance : un compte ren­du de G.-A. Pé­rouse, en 1994, Guil­laume de La Tays­son­niere, Œuvres poé­tiques, éd. cri­tique par Paul Gui­chard ; un compte ren­du de M. Clé­ment, en 1993, Guil­laume de La Tays­son­nière, L’Attif­fet des Damoi­selles.

Liens valides au 02/07/22.



 


En ligne le 02/07/22.
Dernière révision le 02/08/22.