Joachim DU BELLAY (1522-1560)
Ô faible Esprit… (1549)
Paris, Arnoul L’Angelier, 1549, XLVIII, f° B7r° [←Gallica].

O foible Esprit, chargé de tant de peines,
Que ne ueux-tu soubz la Terre descendre?
O Coeur ardent, que n’es-tu mis en cendre?
O tristes yeux, que n’estes-uous fonteine?

O bien douteux! ô peines trop certaines!
O doulx scauoir, trop amer à comprendre!
O Dieu, qui fais, que tant i’ose entreprendre,
Pourquoy rends-tu mes entreprises uaines?

O ieune Archer, Archer, qui n’as point d’yeux,
Pourquoy si droict as-tu pris ta uisée?
O uif flambeau, qui embrases les Dieux,

Pourquoy as-tu ma froydeur attisée?
O face d’Ange! ô cœur de Pierre dure!
Regarde au moins le torment, que i’endure.

























Ô faible esprit… (1550)
Paris, G. Corrozet & A. L’Angelier, 1550, LV, f° C6v° [←Gallica].

O foiblɇ esprit, chargé de tant de peines,
Que ne veulx-tu soubz la terre descendre?
O coeur ardent, que n’es-tu mis en cendre?
O tristes yeulx, que n’estes-vous fonteines?

O bien douteux! ô peines trop certaines!
O doulx sçauoir, trop amer à comprendre,
O Dieu qui fais, que tant i’ose entreprendre,
Pourquoy rends-tu mes entreprises vaines?

O ieunɇ archer, archer qui n’as point d’yeulx,
Pourquoy si droict as-tu pris ta visée?
O vif flambeau, qui embrases les Dieux,

Pourquoy as-tu ma froideur attisée?
O face d’angɇ! ô coeur de pierre dure!
Regardɇ au moins le torment, que i’endure.






















textes originaux
[R]

 

En ligne le 14/05/16.
Dernière révision le 18/11/18.