Pierre de RONSARD (1524-1585)
Paris, veuve Maurice de La Porte, 1553, pp. 231-232 [←Gallica].

AVec les fleurs & les boutons éclos
Le beau printans fait printaner ma peine,
Dans chaque nerf, & dedans chaque veine
Souflant vn feu qui m’ard iusques a l’os.

Le Marinier ne conte tant de flos,
Quand plus Borée horrible son haleine,
Ni de sablons l’Afrique n’est si pleine,
Que de tourmens dans mon cœur sont enclos.

I’ai tant de mal, qu’il me prendroit enuie
Cent fois le iour de me trancher la vie
Minant le fort où loge ma langueur,

Si ce n’estoit que ie tremble de creinte
Qu’apres la mort ne fust la plaie eteinte
Du coup mortel qui m’est si dous au cœur.

Avec les fleurs… (1578)   ↑   ⇑  →t.m.
Paris, Gabriel Buon, 1578, pp. 235-236 [←Gallica].

AVec les fleurs & les boutons esclos
Le beau printemps fait printaner ma peine,
En chaque nerf, au sang de chaque veine
Soufflant vn feu qui m’ard iusques à l’os.

Le Marinier ne conte tant de flos,
Quand plus Boree horrible son haleine,
Ny de sablons l’Afrique n’est si pleine,
Que de tourmens dans mon cœur sont enclos.

I’ay tant de mal, qu’il me prendroit enuie
Cent fois le iour de me trancher la vie
Minant le Fort où loge ma langueur:

Si ce n’estoit que ie tremble de creinte,
Qu’apres la mort ne fust la playe esteinte
Du coup mortel qui m’est si dous au cœur.



























Avec les fleurs… (1578)   ↓   ⇑  →t.m.
Paris, Gabriel Buon, 1578, pp. 235-236 [←Gallica].

AVec les fleurs & les boutons esclos
Le beau printemps fait printaner ma peine,
En chaque nerf, au sang de chaque veine
Soufflant vn feu qui m’ard iusques à l’os.

Le Marinier ne conte tant de flos,
Quand plus Boree horrible son haleine,
Ny de sablons l’Afrique n’est si pleine,
Que de tourmens dans mon cœur sont enclos.

I’ay tant de mal, qu’il me prendroit enuie
Cent fois le iour de me trancher la vie
Minant le Fort où loge ma langueur:

Si ce n’estoit que ie tremble de creinte,
Qu’apres la mort ne fust la playe esteinte
Du coup mortel qui m’est si dous au cœur.

Avec les fleurs… (1584)   ↑   ⇑  →t.m.
Paris, Gabriel Buon, 1584, p. 100 [←Gallica].

AVec les fleurs & les boutons esclos

Le beau Printemps fait printaner ma peine,
En chaque nerf, en chaque artere & veine
Soufflant vn feu qui m’ard iusques à l’os.

Le Marinier ne conte tant de flos,
Quand plus Borée horrible son haleine,
Ny de sablons l’Afrique n’est si pleine,
Que de tourmens dans mon cueur sont enclos.

I’ay tant de mal, qu’il me prendroit enuie
Cent fois le iour de me trancher la vie
Minant le Fort où loge ma langueur:

Si ce n’estoit que ie tremble de creinte,
Qu’apres la mort ne fust la playe esteinte
Du coup mortel qui m’est si doux au cueur.






















textes originaux
[R]

 

En ligne le 27/04/20.
Dernière révision le 09/03/21.